bricole sans intérêt.

Publié le par clarac

Sur le route, un point c’est tout !

 

Encore plus fort que la constante de Planck ou que la révélation de la vitesse finie de la lumière, très relative ceci-dit ; la loi universelle qui veut que tout ce qui commence un jour, cesse un autre… Il s’agit là d’une réalité qui ne doit susciter aucune angoisse ni névrose ; elle est immuable et s’applique à toute chose dans cet univers, et probablement à ce dernier lui-même. Autant l’ignorer.

Donc tôt ou tard tout véhicule finit à la casse. Ça commence dés la sortie de l’usine, dés le premier kilomètre. C’est vrai qu’une voiture dans ses premières heures se laisse transportée. Mais très vite un gus s’installe dedans, s’agrippe au volant et malmène le levier de vitesse comme les pédales… N’est-ce pas là ce que nous avons tous fait ? Laisser une bagnole quasiment neuve tracer sa route… chacun son tour.

Le problème n’est pas là, ni dans l’inévitable issue du chemin à le casse.

Le truc c’est avec mon modèle : normalement ce dernier est bon pour quatre fois vingt milles kilomètres. C’est déjà beaucoup mieux que la série d’avant. Avec une telle autonomie on ne s’inquiète pas trop ; on roule, avale du bitume… et sortir de la route pour explorer des chemins non balisés. Avec un modèle 69, franchement, ce n’était pas un souci ! Donc, et pour information je rappelle que la caisse c’est une chose, le chauffeur, une autre. Avec moi au volant, nul ne s’étonnera que la conduite fût assez sportive, et pendant dix milles bon kilomètres, carrément extrême. Le pire c’est que jamais, pas un instant ; malgré les sorties de routes, les têtes à queue, les dérapages plus ou moins bien contrôlé (plutôt moins que plus d’ailleurs) ; et bien, jamais la moindre estafilade sur la peinture de la carrosserie, même pas une petite « bigne ». Rien de chez rien ! Et pourtant, l’allez direct pour la casse ; j’ai eu mon billet plus qu’à mon tour.

Donc en même pas quarante milles kilomètres, même pas une roue crevée à déplorer et jamais la moindre halte chez le garagiste. Pourquoi faire ?

Savais-je déjà intuitivement que le jour où j’irais au garage ; je ne saurais jamais quand j’en ressortirais ? comment font les garagistes pour vous trouver des trucs et des machins quand tout tourne si bien ? Forcément après, ça tourne déjà moins bien. Autant je hais l’ignorance parce qu’elle nourrie tous les crimes, autant là, qu’est-ce que j’aurais voulu resté idiot ! Après tout, quel intérêt de savoir ?

D’accord, en même temps je n’ai pas eu le choix ; c’est la dépanneuse qui m’a débarqué chez le garagiste, et celui-là quand il vous tient, il vous lâche plus !

Un problème avec l’électronique… bon en même temps je m’en étais un peu rendu compte. Parce que, dans une caisse, quand l’électronique déconne il n’y a plus grand-chose qui fonctionne derrière.

L’important n’est-il pas tout de même de continuer la route ?

C’est que le garagiste il m’immobiliserait bien la tire quelque temps. Comme je l’ai dit, la caisse c’est une chose, le chauffeur, une autre. Alors désolé mais là kéké il s’est entendu le mot de Cambronne.

D’accord ; finit les routes brumeuses, il parait que ça encrasse le filtre à air qui tire sur le distributeur et comme l’électronique déconne, il faut éviter de le solliciter de trop. Mais bien sûr, et la marmotte… d’accord, j’ai dit, d‘accord ; on n’y revient plus.

Finit aussi la conduite sportive. Autrement dit : garçon, reste sur l’autoroute comme papy, respecte la limitation de vitesse. Là, entre-nous, ce n’est pas possible. Avez-vous la moindre idée de toute la route que je dois encore avalé ? C’est que j’ai prévu de voir du pays… d’accord ou pas, avec l’électronique qui déconne je ne fais plus ce que je veux ; ça rame, la tire, ça traîne, ça galère ; obligé de s’arrêter tous les deux cent kilomètres pour laisser se reposer le moteur.

Et j’ai le garagiste sur le dos, celui-là il ne me lâche plus. Maintenant faut surveiller le carburant ; finit la recette personnelle pour fusée… maintenant, au mieux du sans plomb 95 et encore en surveillant les proportions des additifs !

Comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, probablement par crainte de l’ennuie ou par esprit grégaire ; voilà-t-il pas que la garagiste commence à soupçonner le distributeur/injecteur (le machin là) d’avoir un défaut de fabrication, ou de conception ; retour au garage. Peu importe en fait. Le seul truc qui vraiment m’ennui, c’est que quand je suis au garage je ne roule pas !

En résumé je suis tombé sur un modèle bourré de vice de forme et pour lequel il n’est pas vraiment possible de trouver des pièces détachés, et pour l’électronique, en plus j’y tiens pas. Donc voilà, ma caisse est pourrie, même plus côté à l’argus et maintenant je sais que le compteur marche à l’envers. C’est, paraît-il normal avec l’électronique foireuse. Comme je l’ai dit, moi, j’ai encore pas mal de bitume à maltraiter.

Je serre la patte maculé de cambouis du garagiste ; j’empoche mon bon pour la casse et hop, sur la route ! La conduite va être un peu chaotique, quelques arrêts ici ou là, mais tant que le compteur n’est pas revenue à zéro ; moi je roule. Je sais que la prochaine défaillance de l’électronique me jettera sur le bas-côté en attendant que la fourrière me trimbale à la casse. De l’électronique ou de l’injecteur ; peu importe maintenant celui qui lâchera le premier.

Tout ceci, quand même, c’était déjà vrai à la sortie de l’usine et ça ne m’a pas empêché d’en prendre des pistes défoncées ; mais maintenant que je sais…

Une seul chose compte ; la ROUTE ! Roulez le plus loin possible. Ce qu’il y a au bout, je le sais déjà ; ce qui m’intéresse c’est ce que je trouverais en chemin et que je ne découvrirais jamais en restant au garage.

Allez gamin, passe la seconde ! On se traîne là.

 

Petit texte merdique pour ne rien dire de tout mon amour de la route.

 

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