Episode 10

Publié le par clarac

Informations :

.      01 : Pour commencer, désolé de cette longe attente mais j’ai été accaparé par d’autres projets…

.      02 : L’aventure de Vigo va se poursuivre désormais sur un rythme mensuel jusqu’à la fin 2012… pour en lire la fin, restera qu’à espérer que le romans sera publier un jour !

.      03 : Je vous prépare déjà le roman du blog pour 2013 ; un autre personnage, un autre univers… premier épisode en janvier 2013 !

 

Si vous découvrez Vigo et n’avez pas lu le début :

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Épisode 10

 

 

.      Le toit végétal de ma tour d’habitation devint vite mon refuge préféré, et d’autres résidents appréciaient de s’y délasser. Le ciel nuageux et l’air frais ne nous décourageaient pas. Chacun semblait y avoir ses petites habitudes, moi je m’allongeais sur un banc accolée à la haie d’épineux qui bordait le rebord du toit au Sud. De la vue qui s’offrait à moi s’ouvrit sur le cœur de la capitale et je pouvais imaginer la côte océanique au lointain et derrière mon continent natal.

.      Depuis trois jours Cloé gardait le silence. La PIA de mon nouvel appartement possédait juste assez de jugeote pour satisfaire ses fonctions domotiques ; ma Cloé me manquait. Bien sûr je supposais qu’elle devait avoir beaucoup à faire pour achever avec succès mon reconstruction physique et psychique. De fait, je m sentais en bien meilleure forme d’heure en heure. L’inaction commençait à me peser et j’appréhendais le moment quand on viendrait me chercher.

.      — Si vous vous ennuyez je peux vous occuper.

.      La jeune femme en uniforme noir se dressait devant et me dévisageait avec une intensité nouvelle, curiosité ? Rien à voir avec l’hostilité de notre dernière rencontre.

.      — Pour tout dire, maintenant ce serait bien.

.      — Du nouveau ?

.      — Rien que je ne puisse gérer seule, si vous faites allusion à l’enquête en cours.

.      — En quoi pourrais-je vous aider alors ?

.      — Un de vos amis commence à faire des siennes, ce serait bien que vous le preniez en charge.

.      — Un ami, qui ?

 

.      La cellule de verre blindé portait les traces de lacérations profondes. Par endroits le verre, ou ce qui en tenait lieu, se couvrait de cloques et de déformations étranges qui faisaient penser aux effets d’un acide virulent. L’impérial qui s’apprêtait à ouvrir la porte tenait avec fermeté son arme et son exosquelette de combat m’inquiétait. Qu’est-ce qui pouvait bien être enfermé dans cette cellule qui le terrifiait autant ?

.      Avec prudence il ouvrit la porte et activa son champ de protection personnelle. Ce qui ne me rassura pas puisque je portais des vêtements ordinaires. Aussitôt une douce stridulation se fit entendre et qui montait peu à peu dans les aigue. Puis un cliquetis fébrile et un sifflement hostile se firent entendre. La minuscule créature sortie de sa cachette, sous un couchage éventré, les poils hérissés sur son dos et les mandibules grandes ouvertes. Ses longues antennes pointaient vers le soldat puis se dirigèrent sur moi. Le fouineur cessa ses signaux agressifs pour ronronner comme un chaton. Avec précipitation il se jeta sur mes jambes et gravit mon pantalon sans effort jusqu’à mon cou. Là, il s’immobilisa et se pelotonna en tremblant.

.      — Votre bestiole refuse de se nourrir depuis quatre jours ce qui n’améliore pas son agressivité, naturelle. Nous avons deux hommes à la clinique qui vous demanderont sans doute des comptes. Quelle idée avez-vous eu d’imprégner cette saleté ?

.      — Heu, c’est que…

.      — Nous en reparlerons plus tard. Maintenant, nourrissez-le qu’on puisse passer à la suite.

.      La mixture qui remplissait le bol dans lequel la bestiole trempait sa trombe ne me disait rien de bon. Ce devait être un cocktail effroyable de substances chimiques toxiques qui m’aurait tué à la première lampée. La garde impériale regardait le spectacle avec une moue écoeurée mais se gardait d’émettre un commentaire. D’ailleurs, moi-même, je restais interloqué. Pour être honnête je ne m’étais pas préoccupé du sort du fouineur au-delà de sa mission pour laquelle je l’avais libéré.

.      Repus, la bestiole abandonna son festin et revint s’accrocher à mon épaule dont le fouet mesuré de ses antennes délimitaient une véritable zone interdite autour de moi.

.      — À l’avenir, tâchez de prendre convenablement soin de votre ami si vous en voulez pas que nous réglions le problème une fois pour toute. Commenta Johanna avec un ton sévère.

.      — C’est la première fois que j’ai un animal de compagnie, avouai-je.

.      — Vous commence fort ! Désirez-vous prolonger votre convalescence ou pensez-vous commencer votre service ?

.      — Qu’y a-t-il au programme.

.      — Un exercice diplomatique…

.      Vu le sens de la diplomatie des impériaux, je comprenais qu’elle daigne enfin me solliciter !

 

.      Le résumé succinct de la situation et son projet me permirent de mesurer combien la diplomatie s’imposait. Même si désormais toutes les troupes stationnaient à nouveau à la préfecture, la démonstration de force de l’empire avait réveillé le sentiment nationaliste latent, pour ne pas dire indépendantiste. Ce qui ne semblait pas préoccuper Johanna. L’audit des armureries de l’Armée se fit sans drame, quelques incidents mineurs qui incitèrent les agents à une inspection plus pointilleuse qui releva à chaque fois des infractions crapuleuses qui se traduirent par l’ouverture d’enquête et un déferrement à la Justice locale avec la Préfecture en plaignante. Autant dire les magistrats dansaient sur des œufs. Toutefois, aucune trace des armes recherchée jusqu’à présent. Sans qu’elle eût besoin de me le dire, ses soupçons se reportaient sur la Chancellerie elle-même et un éventuel « bureau secret ». À ce jour, pourtant, la Chancellerie jouait l’apaisement et communiquait à la population des messages rassurants. Maintenant, en associant 1 + 1, on mesurait combien, malgré sa réputation, les impériaux pondéraient leurs actions et choisissaient une stratégie plus tangente à l’affrontement frontal. Même si je sentais chez ma partenaire le désir de ruer dans les brancards.

.      L’aérogyre se posa dans le square cossu d’une grande résidence de la banlieue Est, juste sous les falaises rousses de l’Anéto et son parc forestier naturel préservé ; la destination bucolique préférée des Vascons leurs jours de congés dès le printemps. Ce que me remémorait quelques souvenirs agréable quand Noellia partageait encore mon existence Ce manoir ne pouvait appartenait qu’à une Maison Euskadienne, cette intrusion chez un oligarque risquait d’envenimer une situation déjà précaire. Surtout que, malgré l’effort de mesure que livrait la préfecture, Johanna fit atterrir l’engin sans autorisation ni invitation…

.      …Fallait peut-être pas trop leur en demander à la fois…

.      Ma partenaire mit pied à terre sans hésitation, aussitôt imité par deux soldats armé. Pour ma part je me montrais moins enthousiaste. Le fait que je sois en tenue civile et sans arme me servaient de bien pitoyable excuses pour justifier la faiblesse de mon ardeur.

.      Notre présence ne passa pas inaperçu, mais ce n’était le but. Plusieurs hommes armés et arborant les uniformes des diverses unités, nous firent face aussitôt. Avec ordre et détermination ils sortaient du perron majestueux et descendaient sur l’allée à notre rencontre. À leur expression je devinais sans peine que nous n’étions pas les bienvenus.

.      L’affrontement se limita à un face à face silencieux et bien qu’ils furent deux fois plus nombreux, les soldats impériaux ne montraient aucun signe de peur. Leurs regards nous dévisageaient avec stupeur et curiosité, et la bestiole suspendue à mon épaule qui hérissait ses poils et dardait ses antennes vers eux équilibrait l’équation. En fait, de cette triste équipe je devais être le plus armé et le plus dangereux !

.      Une femme se précipita à notre rencontre depuis le manoir. À arrivée les hommes hésitèrent à la laisser passer, mais celle-ci possédait un caractère bien trempé et bouscula sans ménagement le téméraire qui lui barrait le passage avec un regard mauvais.

.      — Excellence, dit-elle en s’inclinant devant Johana, Hodeïric vous recevra dans le salon d’hiver. Soyez les bienvenus au manoir de notre Maison. Si vous nous aviez informés de votre visite nous aurions pu organiser une réception convenable.

.      — Salutation, marmonna Johanna sans chercher à être audible.

.      — Excellence, votre escorte pourra se sustenter pendant que…

.      — Ma garde ne me quittera pas.

.      Le message avait le mérite d’être clair : « nous ne sommes pas là en visite de courtoisie », et il fut reçu comme tel. Même si la brusquerie impériale m’apparaissait de plus en plus comme une mise en scène plus que comme un véritable trait culturel, je sentais bien que la frontière entre la comédie et la réalité restait très ténue.

.      Non sans crainte je remontais l’allée à la suite de Johanna et bien encadré par les deux soldats qui semblaient plus se soucier de ma sécurité que de la sienne… A leur regard sévère je savais qu’ils ouvriraient le feu au premier soupçon de menace. Si ma mission du moment relevait de la diplomatie ; c’était pas gagné d’avance !

.      Un court escalier, le perron monumental, un hall splendide puis un long couloir ornée de photos représentants des portrait de soldats et enfin le salon d’hiver. Une magnifique bibliothèque avec d’antique ouvrages en papier et cuir qui se prolongeait d’une lumineuse verranda. Encadré par de sublimes bacs à plantes, deux longs canapés, une table basse et un seul et unique fauteuil occupé par un homme âgé en robe de chambre. Sa tenue me rappela alors combien il était tôt, notre visite aux aurores flirtait avec la provocation.

.      Hodeîric se leva avec grâce, salua Johanna et nous ignora. Les gardes de la Maison du ric se dispersèrent aux points stratégiques de la pièce. Une fois jadis l’occasion m’avait été offerte de fréquenter les membres d’une caste militaire, hormis ceux que je croisais à la baignoire, je redoutais donc un peu la suite.

.      — Seigneur Hodeï acceptez mes respects, commença Johanna.

.      Aussitôt je notais qu’elle n’associait pas le suffixe « ric » à son nom ce qui à la fois témoignait de sa connaissance et exprimait un déni du titre qui, s’il était diplomatique, me fit frémir.

.      — C’est moi qui suis honoré de votre présence Concubine.

.      Cette fois, la qualification de concubine me lissait circonspect car je n’en voyais pas l’origine et cette ignorance me mit mal à l’aise.

.      — Mon amant appréciera la qualité de voter accueil.

.      Cette fois, j’étais largué ! Quel amant ? ça ne me regarde pas !

.      — Comment pouvons-nous lui être agréable ? s’enquit le ric.

.      — En son nom je suis venu vous présenter ses condoléances pour la perte de votre filleuil Vixente Lixaranu.

.      Le ric resta béat et encaissa la surprise de cette annonce avec une stupeur sincère et mit un long instant avant de parvenir à articuler, les dents serrées.

.      — La fin déshonorante de mon petit-neveu ne valait pas que vous fassiez ce chemin pour lui.

.      — Mon amant ne partagerait pas cet avis et trouverait offensant que l’on parle ainsi d’un homme qui est tombé en son nom. De quel déshonneur parlez-vous donc ?

.      La pointe de menace sous-entendu dans sa voix fut comme une gifle pour le Ric qui comprit qu’il devait mesurer ses paroles ; si déshonneur il y avait, mieux valait qu’il ne provienne pas d’avoir servit l’empire. Voilà ce que je déduisais de son ton, sauf que Vixente était mort à mon service. Pour prévenir la surenchère des menaces et des non-dits je décidais d’intervenir.

.      — Seigneur Ric, je suis l’enquêteur Dunhill, Vixente était mon auxiliaire.

.      Hodeï me jeta un regard dans lequel la haine se discernait sans ambiguïté. D’ailleurs il me dévisagea avec dédain plus que nécessaire et ce décida enfin à me répliquer.

.      — Les excuses ne changeront rien, Vixente a échoué dans sa mission. Cette mission que vous lui aviez donnée. Toutefois, veuillez les accepter.

.      Il s’excusait ? Moi qui pensais qu’il me jugerait responsable de sa mort ! Un pu e manière impulsive je lui répondis :

.      — Hélas, le temps ne nous a pas été donné de bien nous connaître or il fut suffisant, Seigneur, pour que ma décision de vous solliciter une entrevue fut déjà prise. Vixente a démontré un sens du devoir exceptionnel et son intelligence et sa finesse d’esprit ont fait de lui un auxiliaire de valeur. Au point, que je comptais vous inviter à réfléchir à la possibilité de lui permettre d’entamer un cycle d’étude à fin de lui permettre d’accéder à des fonctions supérieures. À mes yeux Vixente n’a pas échoué dans sa mission. Ses ordres étaient de protéger des données, ce qu’il a fait au prix de sa vie.

.      — Monsieur Dunhill…

.      — Prévôt impérial Dunhill, précisa Johanna avec un sourire narquois.

.      L’intervention de Johanna qui m’associait un titre dont j’ignorais l’existence eut son effet puisque le ric me dévisageait avec stupeur.

.      — Prévôt, voilà qui étend la honte de Vixente à toute notre Maison. La Maison Lixaranu est au service de l’empire avant d’être à celui d’Euskadia. Cet échec est impardonnable…

.      — De quel échec nous parlez-vous ? intervint Johanna. Nos services ont détecté une communication clandestine cryptée à l’instant de sa mort depuis le laboratoire à une destination inconnue. Nous pensons qu’il s’agit des données qu’il devait protéger et nous souhaitons les récupérer, s’il vous plaît, elles sont la propriété de mon amant.

.      Le vieux ric resta stupéfait et interrogea du regard la femme qui nous avait accueillit qui à son tour se tourna vers un des hommes présents qui se précipita hors de la pièce en courant.

.      — Un peu de patience excellence, murmura la femme avec un trémolo fébrile dans la voix.

.      À bout de force, abattu par l’émotion et bien que cela ne soit pas digne de son rang, le ric se laissa tomber dans son fauteuil. Notre attente fut courte, moins d’une minute avant que l’homme ne revint avec une carte de données qu’il tendit au Ric qui l’invita d’un geste las à la donner à Johanna. Celle-ci glissa la carte dans son deck et porta aussitôt une main à son oreille et prit un air concentré bien inutile. Encore de la comédie ? Puis son visage se fit sévère et autoritaire. D’un geste autoritaire elle confia la carte à un de ses gardes et ordonna :

.      — À transféré d’urgence à la Préfecture !

.      Le soldat obtempéra immédiatement et n’hésita pas à bousculer un de nos hôtes pour s’ouvrir le passage. Aussitôt le soldat disparut elle se tourna vers le ric avachi désormais dans son fauteuil et l’expression honteuse.

.      — Hodeïric, et cette fois elle employa le suffixe ce qui en disait long, Vixente a parfaitement rempli sa mission et sauvegardé les données dont nous lui avions confié la charge. Au nom de mon amant je déplore que cela ait été au détriment de sa vie et j’élève donc votre filleul au grade d’officier impérial. L’empire ne peut se priver de ses plus fidèles éléments, aussi pour honorer sa mémoire nous attendons qu’un de ses parents intègre l’académie de la préfecture pour la prochaine promotion…

.      Le vrombissement de l’aérogyre qui décollait couvrit sa voix un instant.

.      — Sans vouloir abuser de votre hospitalité, vous serait-il possible de nous confier un véhicule, nous avons d’autres tâches à accomplir aujourd’hui.

 

.      Après avoir abusé de la culpabilité du ric en lui empruntant un véhicule te un chauffeur pour une tournée inutile des casernes sous tutelle pour enquête. Peut-être manière de démontrer au ric et à travers lui à toute l’oligarchie Euskadienne qui manquait à ses obligations impériales, l’empereur résidait certes sur une lointaine planète mais sa main pouvait les caresser ou les frapper à chaque instant. Cette façon de souffler alternativement le chaud et le froid me déstabilisait autant que ceux à qui elle était destinée. À notre retour à la préfecture, bien des heures après je me demandais ce qui m’attendait encore aujourd’hui et surtout ce qu’avait donc découvert le biolégiste de si important !

 

.      Son insistance pour avaler un encas m’amusa, s’il savait où je conduirai ensuite, il aurait perdu l’appétit. Le plaisir de le voir résister à la nausée me poussa à lui céder. Bien que nous soyons seul à cette heure au réfectoire de l’administration de la préfecture, Vigo se retint de me poser les questions qui lui brûlait les lèvres. Pour peu que son intelligence soit réellement reconstituée il ne tarderait pas à coller les morceaux. Moi aussi je sais associer 1 +1 et Sansom pouvait me cacher ce qu’il voulait il n’existait pas des millions de raisons pour qu’il me balance à la figure la charte de Thétis. Non, il n’y en avait qu’une et je ne voyais pas encore ce qui la justifiait sur ce monde et avec ce type ; mais je le découvrirai.

.      Vigo se laissa conduire sans méfiance à la morgue.

.      Aussitôt, à la vue des corps ouverts (dans le meilleur des cas) il hoqueta pour s’empêcher de vomir.

.      — Suis-moi, les cadavres des transhumains sont dans le labo voisin.

.      Bon, je suis un peu perverse avec lui, il n’y avait pas que les dépouilles des transgéniques, ceux du biolégsite et de Vixente y reposaient aussi ; mais je voulais savoir ce que Vigo avait dans les tripes. Sansom m’imposait peut-être de jouer la baby-sitter avec ce type, n’empêche qu’à mes yeux il restait toujours suspect. À sa réaction mesurée, la sensation de nausée ne semblait ne plus l’affecter, je me posais quelques questions supplémentaires. La PIA dans son crâne pouvait peut-être juguler certaines fonctions biologiques, comme Sansom avec moi, mais pas les réactions impulsives ou réflexe. Et je trouvais la maîtrise de Vigo suspecte, comme si ce n’était pas la première fois qu’il côtoyait des cadavres.

.      Vigo s’attarda sur la table où reposait Vixente, prit le temps de bien examiner les blessures avec un détachement trop professionnel sur un monde où les crimes de sang n’existaient presque pas. Ensuite il remonta le drap sur le visage du jeune homme et me rejoignit.

.      Le corps du transgénique, mais à ce stade de manipulation et avec la faible proportion d’ADN humain le qualificatif de transhumain se justifiait techniquement.

.      — Si le doc avait eu ce corps il n’aurait pas eu besoin de me faire cette prise de sang.

.      L’allusion de Vigo à ce qui au final avait coûté la vie du biolégiste l’attristait, cela se lisait aux signaux informels que son corps exprimait malgré-lui.

.      — Rien ne le prouve et ça ne l’aurait pas beaucoup avancé.

.      — Comment ça ? s’étonna-t-il.

.      — Ce transhumain est très proche génétiquement de celui dont vous avez collecté le sang dans cette ruelle, mais ils ont de souche différente.

.      Vigo écarquilla les yeux de stupeur. La révélation le sidérait, et oui, il n’y avait pas qu’une seule espèce de transhumain, mais au moins deux ! Ce qui rendait cette histoire d’autant plus prioritaire et urgente. Raison pour laquelle je ne comptais pas le ménager.

.      — Maintenant que nous avons les analyses sauvées par votre auxiliaire nous avons pu mettre en évidences les éléments divergents et convergents. Fort peu de chose sépare les deux types de créatures, physiquement elles sont probablement assez semblables au point de les confondre. À quelques détails près ils sont le produit du même cocktail génétique ; la différence essentielle vient de leur âge cellulaire comparé à leur niveau de maturité.

.      — Que voulez-vous dire ? s’enquit-il.

.      — Le second groupe, celui du hangar où nous vous avons trouvé, ont grandi naturellement et leur âge cellulaire correspond à leur développement. Quant à celui qui provient du sang de la ruelle, en l’absence de corps nous ne pouvons rien confirmer avec certitude mais on âge cellulaire est d’à peine quelques mois. Puisque nous disposons des caractéristiques physiologiques de cette espèce nous pourrons programmer l’hologramme de la scène de la ruelle pour extrapoler cette hypothèse. Mais j’ai peu de doute sur le résultat.

.      — Deux espèces.

.      — Et une seule souche génétique de base, la vôtre.

 

.      L’insomnie…

.      En soit ce n’était pas un problème j’y étais déjà sujet avant et je dormais que trois à quatre heures pas nuit et ça me suffisait. Ce qui m’arrangeait bien pour mener mes recherches. Or cette fois elle ne devait rien à mon rythme naturel. Apprendre qu’on est le « père » de deux espèces de transhumains conçue comme des machines de guerre et qui sont allés jusqu’à tenter de me tuer… voilà qui troublait le peu de sommeil dont je disposais.

.      Le toit végétal m’offrait un refuge idéal pour méditer et repenser tout cela au calme. Le silence de Cloé rajoutait à mes tourments et je commençais aussi à m’inquiéter à son sujet. La manière dont les éléments se cumulaient, se conjuguaient, ne me plaisait pas. Avec ces informations comment reprocher à Johanna sa défiance à mon égard ?

.      La clé du mystère ne pouvait se trouver qu’à un seul endroit et je redoutais plus que tout de devoir y retourner !

.      — Cloé, si tu m’entends j’ai besoin de toi.

.      « …

.      — Oui je t’écoute.

.      — Pourquoi ne me disais-tu plus rien ?

.      — Tu avais besoin de te reconfigurer.

.      — À ce point ?

.      — Tu n’imagines pas.

.      — Tu me raconteras ?

.      — On verra, que voulais-tu ?

.      — Peux-tu envoyer un message au deck de Johanna ?

.      — Bien sûr, que dois-je transmettre ?

.      — Demande-lui de réserver un transport pour le continent sud, nous devons nous rendre chez moi.

.      — Où ?

.      — Au village du clan des cloneurs.

       … »

 

 

Sébastien Clarac

 

 

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MAJ 19/09/2012 (sommaire)

 

 

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