Ma petite loi de la relativité à Moâ.

Publié le par clarac

 

Ma difficulté actuelle à concilier toutes mes obligations me réduit un peu au silence ; et je sais que personne ne s’en plaint.

Dans cette course effrénée et insensée contre le temps, je m’autorise une petite pause pour exprimer une petite pensée sauvage…

Ce sont donc 46 textes que les Chantiers Imaginaires ont reçu pour l’appel à textes « Tempus Fugit » de son fanzine Station Fiction. Une participation record, impressionnante même au regard de la jeunesse du support et du peu d’espace qu’il pourra mettre à disposition. À l’évidence 90% de ces textes seront écartés puisque l’espace disponible n’autorisera que 5 à 6 nouvelles. Alors même que je n’ai pas encore envoyé tous les accusés de réception (et je m’en excuse), je suis déjà obligé de penser aux nombreux et inévitables messages de refus que je devrai aussi rédiger.

Ce qui nourrissait, dans mon cerveau ravagé, une réflexion aussi sauvage et barbare que moi-même…

Dans notre société qui cultive le succès et la réussite, ou les individus se jugent, s’évaluent les uns aux autres avec tous les signes extérieurs, ostentatoire presque, de leur réussite ; j’ai réalisé que le cercle des auteurs n’échappait pas à ce phénomène. Ce qui est bien naturel ; nous sommes des hommes (ou des femmes) de notre temps. Raison pour laquelle, pour nous, l’épaisseur du « casier littéraire » est souvent avancée sur son côté quantitatif, et pour son volet qualitatif en mentionnant les « gros  éditeurs » ou nous avons sévi. C’est un fait, c’est sociologiquement naturel, et ça ne veut rien dire…

Je sais déjà que si le seul critère de l’intérêt, ou de la qualité, suffisait pour établir le sommaire concerné je dépasserai allégrement les 60 pages disponibles. Or voilà, je n’ai que 60 pages ! Donc de nombreux refus seront prononcés sur des critères éditoriaux dont cet espace restreint (entre autres). Aussi donc je vais transmettre plus de trente messages de refus, qui seront perçut comme autant de constat d’échec ; alors que cet échec sera relatif à son contexte et ne sera en rien l’expression d’un jugement/verdict de valeur du texte ni, à plus forte raison, de son auteur (les textes sont lus qui plus est en version anonyme). Or de fait, l’auteur recevra ce refus comme une sanction personnelle. Ce que ce n’est pas.

Pour peu qu’en prime, je sois maladroit (et bon gascon je suis assez peu diplomate) dans ma formulation et c’est le drame assuré…

En fait, et là les psys vont s’amuser, je viens de réaliser que ma manie maniaque, de recourir aux pseudonymes lors de mes soumissions/contributions pouvait s’interpréter comme un mécanisme de défense au regard de ce phénomène. Si j’échoue, en fait ce n’est pas MOI, mais mon pseudo (quel idiot celui-là !). En revanche, en cas de succès, je tombe le masque et j’accepte la gratification de rajouter une ligne à mon casier littéraire et je m’en vante, comme de bien entendu. Et quand je publie quand même avec le pseudonyme ? Ce qui se produit tout de même de plus en plus ; qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Soit, je ne demande plus depuis longtemps que l’on me transmettre par le menu le commentaire détaillé qui justifierait mes échecs. Après tout j’ai eu trop de textes produit pour des appels, écarté de la sélection et tout de même publié dans un autre contexte, pour considérer un message de refus comme un verdict définitif, ni de mon texte, et encore moins de moi-même. L’échec, pour moi, depuis longtemps ne signifie rien, pas plus que le succès (même si ça fait toujours plaisir). Le vrai plaisir doit être d’écrire ce qui nous plaît de bien vouloir exprimer. L’échec, et donc le succès, sont donc si relatif à leur contexte que leur signification ne devrait pas servir d’indicateur. Mais bon, on est comme ça….

 

Maintenant je dois retourner à mes accusés de réception, au choix du prochain appel à texte, etc.

Et toujours pas une ligne d’écrite depuis 5 mois…pffff

Sébastien CLARAC

Publié dans errances...

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Lucie 09/11/2009 20:19


Dur, dur, de devoir refuser, quand on sait soi-même ce que c'est que de soumettre un texte et d'espérer une réponse positive...


clarac 11/11/2009 06:18



Je sais, et c’est là mon gros souci… hélas, je n’ai pas le
choix…