Vigo 2011 Épisode 03/

Publié le par clarac

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Episode 3 

 

.      Le malaise que j’éprouvais trouvait son origine à des sources bien différents et sans rapport entre elles, a priori et qui reposaient sur un irrationnel pathétique et trouble. La manière dont cette histoire s’engageait ne me plaisait pas, tout simplement. Le protocole bousculé, bien sûr, me dérangeait. Mais, l’idée qu’un clone se promenait, peut-être dans la nature, me renvoyait aux douloureux événements de la dernière guerre civile qui en fit un usage abusif. Ce qui me ramenait au débarquement d’un flot prochain de migrants de l’arche coloniale et du prévisible conflit à venir - évitable ? - , enfin, pour résumer, je ne le sentais pas. Et ces pensées qui m’accaparaient détonaient tant avec l’atmosphère festive et insouciante des gens que j’observais derrière ma vitre teintée que mon trouble devenait douloureux.

.      Marco, le véhicule, s’engagea sur le pont des Arts qui enjambait la Névarine invisible en contre bas. Les statues géantes de marbres anthropomorphiques découpaient leurs silhouettes inertes tandis qu’à leurs pieds s’agitait la foule chaotique, un nouveau contraste, une nouvelle image de ce paradoxe qui habitait mon esprit. Malgré moi je m’absorbais dans la contemplation de le Préfecture, le seul quartier de la ville indifférent au rite qui déversait la population dans les rues. Pas une lumière, pas un hologramme, ni le moindre ornement venaient colorer les murs austères ou les rares édifices qui surplombaient son enceinte martiale. Les impériaux, une fois de plus, restaient discret au point que sans cette verrue de néobéton au cœur de la cité leur existence aurait relevé du mythe. Facile d’oublier d’Euskadia appartenait au Domaine Impérial tant ces derniers restaient absents de la scène politique. Pourtant, imaginer notre monde indépendant eut été une erreur.

.      Pour illustrer ce terrible contraste, sur la rive opposée, juste en face du dôme principal de la Préfecture se dressait la flèche centrale de la basilique du culte gaïatologique qui compensait l’austérité impériale avec une exubérance d’effets lumineux et sans aucun doute sonores que l’isolation du véhicule m’épargnait. Voilà, je me tenais à cet instant même sur un pont au-dessus d’un gouffre insondable qui séparait deux conceptions opposées, sinon contradictoire de l’humanité qui coexistaient sans cohabiter n’appartenant ni à l’un ni à l’autre. La simple idée de reconnaître en moi une certaine sympathie pour les impériaux s’entachait d’une honte informulée, un sentiment de trahison. Pourtant, comme la majorité des Euskadians – peut-être sommes-nous un peuple trop indépendant pour cela -  la tolérance et nos pratiques rituelles gaïatologiques relevaient plus de l’habitude consensuelle et non pas d’une foi sincère ni réelle. L’Église ne risquait pas de conduire nos façons de pensées ni de dicter nos comportements culturels comme sur certains autres mondes. Ici elle était à la fois le symbole de ce que les colons possédaient en commun, de leur acceptation de vivre ensemble et rien de plus. Juste une autorité morale, plutôt une référence qu’une autorité, fragile toutefois qui maintenait un semblant d’unité…

.      L’Église pourrait-elle s’imposer comme l’élément fondateur qui permettra l’intégration des nouveaux colons ? Nous sommes tous des êtres humains et nous partageons le même écosystème n’est-ce pas ? Oui, peut-être, mais cet universalisme résisterait-il au choc culturel ?

.      Marco longea le quai rive gauche de la Névarine sous le mur d’enceinte de la préfecture jusqu’au Port Saol Juaz de Luze et ses docks, ses entrepôts qui marquaient la frontière entre le centre-ville et sa débauche et les quartiers populaires. Un entrelacs de bâtiments industriels ou commerciaux aux hologrammes aguicheurs et les tours résidentielles plongées dans une torpeur obscure. Les clivages au sein même de notre cité matérialisaient ceux de notre société avec une cruauté sans compassion pour qui savait les lire.

.      Le véhicule s’engagea dans une rue latérale qui s’enfonçait dans la pénombre de la banlieue. Dans mon dos les lumières de la fête se firent lueurs jusqu’à ce réduire à un résidu anecdotique. La circulation dans cette périphérie urbaine se réduisait à un strict minium, les résidents se contentaient plus volontiers des transports en commun et les rares véhicules qui occupaient les voies convoyaient des fêtards vers leurs perversions. Marco accéléra sans craindre de rouler sur un piéton imprudent. Après quelques minutes dans le labyrinthe urbain l’engin s’engagea dans une impasse inondée des lumières crues des projecteurs et envahit par une foule laborieuse en uniforme prune. Hasard, c’est à cet instant précis que le ciel décida de conspirer à me nuire et qu’une bruine fine s’associa à la nuit glaciale pour mon malheur. La scène du « crime » se voila donc à mon regard derrière son rideau de gouttelettes qui diffusait et réfractait les lumières en d’étranges arcs-en-ciel. Cette nuit avait, sans contestation possible, décidé de m’accabler de ses illusions sordides pour travestir la vérité immonde qu’elle cachait d’un masque d’irréalité qui m’empêchait de discerner l’essentiel du superflu, le réel du mensonge. Comme le maquillage subtil d’un dandy qui offre l’image d’une perfection usurpée, quand la laideur naturelle devient une beauté artificielle, séduction factice, art de la duperie flatteuse quand elle devrait inspirer le dégoût et la répulsion. Voilà ce que j’éprouvais en relevant le col de mon manteau pour me protéger de l’humidité. L’impression de débarquer sur le plateau de tournage d’une holosérie à petit moyens avec un scénario, une intrigue et une atmosphère déjà écrite et mise en scène. Même ma propre improvisation me paraissait téléguidée et rédigée par un auteur médiocre qui tentait de compenser son manque d’inspiration avec le jeu, encore plus médiocre, des acteurs… surtout le mien ! Bon sang, mais qu’est-ce que je fous là ?!

.      — Enquêteur Dunhill ?

Perdu dans ce décor irréel je crus entendre « Inquisiteur Dunhill », ce qui en fait…

.      — Oui.

.      Je glissais déjà ma main dans la poche de mon manteau pour récupérer mon bout de néoplast rouge qui confirmerait mon identité à ce pauvre gardien de la paix civile volontaire ; un malheureux qui, comme moi en fait, ne devait pas avoir d’ami ou qui s’était fait grugé en beauté pour se retrouver de service cette nuit. Vu son visage juvénile j’optais pour la seconde option avec la conviction qu’il subissait une brimade de bleusailles, corvéable à merci comme chacun sait. Malgré moi je ne pu m’empêcher de le plaindre et de lui sourire comme si cela pouvait le réconforter.

.      — Le biolégiste n’a pas encore fini, il demande qu’on ne pénètre pas la zone pour éviter de la lui contaminer.

.      — Comment ça un biolégsite je pensais qu’il n’y avait pas de corps ?

.      — Oui ; je veux dire il n’y pas de corps mais le bio est bien là lui.

À l’évidence le jeune agent inexpérimenté ne trouvait pas la situation anormale comme l’exprimait son visage incrédule alors que moi je la trouvais ubuesque. Cette nuit n’en finissait pas de me prendre à revers et m’obligeait à mener mes pas hors des conventions, des protocoles et des procédures qui me déstabilisaient trop pour porter un regard sain sur la situation. Le jeune homme ne s’interposa pas lorsque je fis quelques pas vers la « zone interdite » que matérialisait une tresse holographique.

.      Difficile d’observer quelque chose d’utile depuis ma place ; le véhicule laboratoire s’interposait entre la scène de « crime », supposée, et ma position. C’était un comble, je serais le seul responsable devant la Justice du bon respect des procédures et des conclusions – et surtout de la résolution – de cette affaire et un ridicule filet éthéré m’interdisait l’accès au site. S’il n’y avait pas de corps, comme le prétendaient les informations que cette technocrate m’avait communiquées, il n’existait aucune raison pour que la zone soit ainsi « aseptisé » comme nous disions entre nous. L’envie de franchir la tresse lumineuse me tentait comme une vilaine démangeaison qui exige qu’on la gratte ! Ce genre de besoin subit et si impérieux que même avec la meilleure volonté du monde rien n’y fait ; on se soulage…

.      Le faisceau de l’hologramme illuminait mon manteau d’une tache lumineuse rosâtre qui exhibait à mes pairs mon manque de discipline et de respect quand le bleu m’interpella :

.      — Monsieur ?

.      — Quoi ! rétorquais-je peut-être avec trop de véhémence, mais je n’allais tout de même pas accepter de me laisser sermonner par un novice ! Ce qui, vu qu’en fait il aurait eu raison de me « réprimander », accentuait ma culpabilité et m’incitait à imposer mon autorité alors même que je ne la méritais plus.

.      — Vous pouvez y aller, la restriction est levée. Dit-il la main encore sur son oreillette.

.      — Merci.

.      Mon ton adoucit ne me gagnerait pas son pardon, tant pis, mais je poussais un soupir de soulagement à ce qu’en fin de compte mon comportement ne porte pas plus à conséquence.

.      — Monsieur ?

.      — Oui.

.      — Je peux venir avec vous ?

.      — Pardon ? m’étonnais-je.

.      — C’est ma première scène de crime.

.      Son air à la fois penaud, travaillé autant par la curiosité avide et la crainte d’outrepasser son devoir me fit sourire et il me fallait bien trouver un moyen de me racheter…

.      — Suivez-moi.

.      Formuler ainsi, sans m’en rendre compte, fichue nuit à la con, je m’attachais les services du volontaire jusqu’à la fin ! Ce n’est qu’après quelques pas, quand je passais l’angle du véhicule laboratoire et je réalisais ce que je venais de faire. Un « oui », tout bête, aurait suffi. Et bien non ; moi j’ai dit « suivez-moi ! », un ordre qui dans ce contexte… Saleté de nuit à la C…

.      — Enfin vous voilà ! s’exclama une voix rocailleuse.

.      C’est le « enfin » qui me fit sursauter, alors que j’avais attendu comme un idiot (pas longtemps d’accord, mais quand même) voilà que maintenant on me le reprochait, si peu, je le concède… Fichue nuit !

.      Interloqué, vexé aussi, je me tournais dans la direction de la voix et je découvris un bonhomme, la cinquantaine passé, fardé comme un dandy qui portait un costume de soirée irisé qui reflétait en un halo arc-en-ciel féerique et incongru les lumières crues des projecteurs. Un instant je fus jaloux de ce type. Mon propre manteau, terne, témoignait combien j’étais privé du sens de l’esthétique, un vrai handicapé du « bon goût » qui dans notre culture se révélait être une tare fatale. Comme les oiseaux dans la nature il revenait aux hommes de se parer des atouts de la séduction ! D’un soupir je tentais de cacher combien je me trouvais pitoyable et je me raccrochais à l’idée farfelue qu’il existait des colonies où au contraire c’était aux femmes de se parer et de se farder ! Comme j’aurais voulu naître sur un tel monde !

.      — Votre passe je vous prie ?

Cette nuit n’en finissait pas de me prendre à rebrousse poil. Cette nouvelle péripétie m’irrita, car après tout qui devrait rendre des comptes aux censeurs de la Justice si au final l’affaire tournait mal à cause d’un vice de procédure à part moi ? Qui d’autre hein ! Certes le biolégiste devrait assumer ses responsabilités sur son volet technique, mais juste celui-ci et encore, de fait je la partageais avec lui car en tant qu’Enquêteur je me retrouvais le garant légal de toutes les actions et des acteurs impliqués. Alors cette sensation terrible de sentir que je ne contrôlais rien, ce sentiment d’impuissance, d’être réduit à suivre le courant commençait à me fâcher.

.      — Je vous prie. Insista-t-il.

Comme je ne réagissais pas il se tourna vers mon « assistant  malgré-lui », qui lui tendait son rectangle de néoplast rouge avec enthousiasme. Le pauvre gamin, dont j’ignorais le nom, avait les yeux qui brillaient et je daignais enfin lui accorder un peu de mon attention. Le malheureux portait l’uniforme prune de la sécurité, vierge de toutes insignes et donc dépourvu de la moindre qualification. Son large béret rouge écarlate détrempé lui tombait sur la joue, j’eus pitié de lui. Si j’avais été dans mon état normal je l’aurais aussitôt congédié… mais, saleté de nuit à la… je n’en eus pas le cœur.

.      — Enquêteur ?

Cette fois je lui donnais mon passe résigné à encaisser la catastrophe suivante sans broncher. Le biolégiste posa les cartes sur son deck et nous les rendit avec un soupir désabusé. Pour lui aussi cette nuit n’avait rien pas très agréable, quoi que ses yeux luisaient d’un éclat excité.

.      — Mon deck est synchronisé avec les vôtres, vous aurez accès en temps réels aux résultats de mes analyses. Mais, ne soyez pas pressé ça risque d’être long.

.      — Long ? Attendez, intervins-je, qu’est-ce qui se passe au juste ici !

.      Mon ton fut plus autoritaire que je le souhaitais mais même ça je ne le contrôlais plus. Le biolégsite me jeta un regard réprobateur avant de jeter un œil aux techniciens qui s’affairaient sur la scène du crime dans notre dos. À nouveau il soupira et, avant que nous puissions réagir, il cola sur nos jugulaires une sonde exodermique et fit un prélèvement.

.      — Une bonne démonstration vaut mieux qu’un long discours.

Sur ces mots un hologramme se déploya révélant quatre ellipses d’ADN avec un diagramme qui à mes yeux se révélait tout aussi obscur et hideux de certaines formes d’art abstrait.

.      — Voici nos profils génétiques et nos déclinaisons sanguines, chacune unique qu’une empreinte digitale ou oculaire.

.      Sur ce il prit le temps de les observer puis reprit.

.      — Votre compagnon a vingt ans, il est de groupe AB+ et, les sous déclinaisons ne nous intéressent pas pour cette démonstration. Il se tourna vers le gamin. Vous êtes un « pur euskadian », ce que votre nom de Vixente Lixaranu indiquait déjà sans rien prouver pour autant. Vous ne pouvez plus douter de votre ascendance basque jeune homme, ajouta-t-il avec un sourire chaleureux. Puis il reprit en se tourant vers moi ; nous en, revanche, ne pouvons pas en dire autant puisque nos signatures sanguines sont A+C2 en ce qui me concerne et quant à vous, ajouta-t-il en me regardant dans les yeux, vous êtes un… il se tut un instant, plissa les yeux pour mieux lire et enfin me jeter un regard plein d’appétit ; vous êtes un B-C9.

.      À son ton, à la fois excité et intrigué je devinais qu’une nouvelle catastrophe me pendait au nez. Autant que je le sache mon dossier médical me référençait en B-C sans plus de précision…

.      — Ce qui indique sans contestation possible que nous avons l’un et l’autre un clone dans notre ascendance, comme l’indique le marquer « C ». Nous sommes donc, vous et moi des descendants d’une arche coloniale…

.      À mon regard il comprit que quoi qu’il ait déduit d’autre de cette simple observation il convenait qu’il se le garde pour lui. Son exposé s’arrêta donc là et je lui en fus reconnaissant.

.      — En revanche, notre victime est un « C » pur !

.      À son expression terrifiée et excitée je devinais que cette information portait à conséquence… la révélation s’imposa dans mon esprit comme l’explosion dévastatrice d’une supernova ! Un clone par essence étant une « copie », plus ou moins conforme d’ailleurs, d’un être préexistant son profil sanguin devait en porter la trace. Le marqueur artificiel « C » ne constituait qu’un ajout et pas un véritable groupe sanguin… l’absence de trace « naturelle » était impossible à moins que :

.      — Essayez-vous de me dire que notre victime est un androïde biologique ? Un pseudo humain entièrement transgénique ?

.      — C’est bien mon problème ; je ne peux rien affirmer sinon que ce n’est pas qu’un simple clone. Aussi performant que soit ce laboratoire mobile j’ai besoin de celui de l’université pour affirmer quoi que ce soit. D’autant plus que, nous n’avons toujours pas retrouvé son corps.

.      Le biolégiste se retourna et constata que les techniciens évacuaient le périmètre.

.      — Venez, je vais vous montrer.

.      D’un pas ferme il nous entraîna à sa suite vers le centre de l’impasse. Des techniciens s’affairaient à ranger leurs matériels, avec précipitation à cause de la pluie qui s’intensifiait. Toute la scène désormais scannée serait bien vite disponible sur mon deck et dans tous les spectres possibles et imaginables, dont je ne me servais jamais, que je pourrais visiter à volonté en mode virtuel.

.      La flaque de sang me surprit, elle s’étendait bien plus que je ne le croyais. À son contact un traqueur figé, une antenne au contact du sang, contenait mal des spasmes d’angoisse ou de frustration. Une laisse magnétique entretenait la paralysie artificielle de la créature que je pris en pitié ; ses yeux à facettes ténébreux me fixaient d’un éclat ambré dans lequel je crus lire un appel indéchiffrable et sans aucun doute imaginaire. Aussitôt je chassais la créature transgénique de mon esprit pour me concentrer sur l’essentiel.

.      — Tant que ça ? m’exclamais-je malgré-moi.

.      — En effet, pas loin de trois litres… aucun « humain » ne pourrait survivre à une telle hémorragie et l’absence du corps est anormale.

.      Le commentaire du biolégiste fut accompagné d’un coup d’œil en coin à mon attention et je perçus bien l’accentuation perplexe lorsqu’il prononça le mot « humain ». À cet instant un technicien s’approcha et foudroya d’un coup de phaser le traqueur qui poussa un terrible cri suraiguë avant de sombrer inconscient. Sans prêter plus d’attention à sa victime qu’à un déchet nauséabond le technicien, ganté, fourra sans douceur la créature dans une cage et s’éloigna. Cette scène, ce cri, me vrilla les entrailles et j’éprouvais une étranges sensation de mal-être.

.      — Regardez !

Indifférent à ce qui venait de se passer le biolégiste avait déployé depuis son deck un hologramme qui se superposait à la vaste tache sur le sol une silhouette humanoïde dans une position grotesque, couchée sur le côté et les jambes avec des angles improbables.

.      — Ce logiciel est assez limité, précisa-t-il, et son interprétation est liée aux données actuelles en notre possession ainsi qu’au…

.      — Au présupposé humaniforme ? intervint Vixente à ma surprise.

Le gamin, aussi inexpérimenté soit-il, démontrait une certaine lucidité, perspicacité et intelligence qui me rassura. Sans aucuns autres commentaires nous restions, chacun, silencieux et pensif à contempler un hologramme et à imaginer des scénarii improbables. Le biolégiste rompit le silence en premier.

.      — Le laboratoire de l’Université devrait me permettre d’en découvrir plus mais vu la complexité inédite de la situation cela prendra du temps.

.      Sur ce il se leva et se dirigea vers le véhicule laboratoire. Tandis qu’il s’éloignait je tentais de lier, tresser et tisser des faisceaux d’informations sans queue ni tête. De toutes mes forces je me contraignais à accepter mes émotions, mes sentiments et mes sensations, de reconnaître la nature de leurs relations entre elles et sur moi et comment elle m’affectaient pour libérer ma conscience des parasites qui altéraient mes analyses. Ce qui ne se révélait pas facile…

.      — Vixente, c’est ça ?

.      — Oui monsieur.

.      — Ne quittez pas d’un poil de piroli le doc, est-ce bien clair ?

.      — Bien sûr, si quelqu’un s’amuse à produire des transhumains clandestinement il ne doit pas tellement tenir à laisser des traces ou des témoins. Ne vous inquiétez pas je veillerai sur lui et sauvegarderai toutes les informations.

.      Décidément ce gamin disposait d’un esprit vif, peut-être qu’en fin de compte je le garderai avec moi…

.      — Et vous monsieur ?

.      — Vigo s’il te plaît ; je fais un saut à la Baignoire et je te retrouve à l’université.

.      Le gamin acquiesça de la tête et s’éloigna d’un pas rapide à la suite du biolégiste.

.      La pluie s’intensifia et je doutais désormais que l’aube encore lointaine n’éclaire le monde d’un jour moins sombre que cette nuit…

 

.      À suivre….

 

Sébastien Clarac.

 

 

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MAJ 17/04/2011 (sommaire) 

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