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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 08:12

.      Avec la patience, la persévérance (qui doit flirter avec l’obstination obsessionnelle) sont les deux qualités essentielles de l’auteur. Or ni l’une ni l’autre ne me sont naturelle, à cette violence quotidienne que je m’impose donc il me faut bien trouver une compensation à la hauteur et c’est bien celle de me faire plaisir. Aussi, et au risque de choquer certains, je n’écris que ce qui me fait envie comme je le ressens et comme mon humeur est toujours au diapason de la météo ; je me sens hyper bien ! Plein d’enthousiasme, d’inspiration et d’énergie (tant que ça dure…).

.      Bien que je sois peut-être le seul, mais j’adore l’heure d’été !

.      Bilan du Premier Trimestre 2012 :

.      Côté Nouvelle :

.      Bilan : Tout l’intérêt de m’imposer un « programme » est bien de canaliser mes pulsions impulsives et gérer au mieux le peu de temps disponible est efficace dont je dispose. Si pour l’essentiel je tiens mes échéances, j’ai aussi tendance à alourdir ma charge de travail, porté par mon enthousiasme et mon impulsivité. Fort de ce constat et déterminé à me résigner à une bonne rigueur je viens d’épurer ma liste de travaux qui de 50 et retomber à 25 ; je me suis fixé un plafond (pas un plancher) de douze créations cette année 2012, quatre sont déjà réalisées ; plus que 8… Pourtant je serais bien tenté et les doigts me démangent de me précipiter sur d’autres appels à textes mais je ne céderai pas à la tentation ; j’ai d’autres projets plus utiles en attente. Une certaine tendance au laissé aller donc, et par conséquence une bonne mise au point disciplinaire. Ce qui s’accompagne de la révision des critères de sélection des Appels à textes et des Concours auxquels je pourrais éventuellement me consacrer. C’est certain qu’en tant qu’auteur/créateur j’aimerais répondre à tous, mais voilà, je suis humain donc limité et je n’ai pas encore trouvé de magasin qui vende du temps en bouteille…

.      À cette heure ; neuf textes en lecture. Quatre créations et donc cinq Reprises/Adaptations. Pour ce mis d’avril qui commence quatre nouvelles Adaptations/Reprises devraient venir grossir la liste.

.      Côté Roman :

.      Bilan : Voilà qui est satisfaisant. Bien que je souhaite assez vite me limiter à une rédaction trimestrielle ; cette année 2012 est consacré à l’achèvement des « inachevés ». Difficile de dire si ma programmation, ma discipline est satisfaisante pour son rythme de « croisière » normal puisque nous en sommes pas en configuration « normale ». Quoi qu’il en soit les deux premiers titres sont clos, pour leur partie « rédaction » ; ce qui était l’objectif du trimestre.

.      Pour ce second trimestre je vais faire une « entorse » au planning d’achèvement des titres inachevés avec une création juste pour évaluer la pertinence de mon planning…

.      Ainsi donc, avec la mise en « arrangement » et « Repos » des deux premier titres ce premier mois du second trimestre s’engage tel que le prévois le programme…

.      En vrac :

.      Vigo : La tenue de se roman par épisodes sur mon blog est avant tout un exercice d’écriture et aussi une distraction (que j’espère constructive) pour, sans quitter le clavier et la création, poursuivre la rédaction d’un roman sur la durée, en fractionné. La discipline est simple, la rédaction d’un chapitre/épisode par semaine et sa mise en ligne toutes les deux semaines. Bien entendu Vigo à l’origine est un projet de 2011 que les aléas de la vie m’ont contraint à négliger pendant de longs mois. Depuis sa reprise en janvier il se trouve que je réussis à m’astreindre à la discipline qu’il m’impose. Même si j’ai une semaine de décalage, de perdue, de retard sur le planning. Vais-je rattraper ce retard au second trimestre ?

.      Mes lectures : Bon, je ne vais pas me répéter mais il est pour moi (et moi seulement) essentiel de consacrer du temps à la lecture car « le lire » et le complètent indispensable de « l’écrire » ; c’est toujours une pause agréable dans le travail sans se déconnecter complètement tout en se ressourçant. Avouons que parfois ces lectures m’aident à porter un regard plus critique sur mon écriture, nourrissent mes interrogations et réflexions même si je n’en fais toujours état dans mes articles.

.      Comme mes revenus d’auteurs (il m’arrive parfois te toucher quelques euros, mais c’est rare) ne compensent pas « encore » mon budget Lecture et que j’avoue ne pas être un rat de bibliothèque, même si j’y pense, mais j’y trouve rarement les livres qui m’intéressent, j’ai trouvé une solution intermédiaire et acceptable avec les ebook. Avec l’avantage que stocké sur une clé USB ils n’envahissent pas mes étagères et laissent donc la tapisserie visible. Va vite falloir que je gagne un concours ou deux pour gagner des chèques lires ou améliorer cette ligne budgétaire qui est trop déficitaire.

.      Bon sur le plan de la lecture cette semaine sera bien morne, je n’ai plus rien à lire…

.      Divers & Avariés : Même si la révision du planning, la programmation elle-même, me prend du temps, beaucoup même, en contre partie elle m’épargne les errements et les enlisements ou les blocages dans les voies sans issues et les gouffres. Cette discipline (je sais, j’emploie beaucoup le mot cette semaine) est indispensable car quand je constate combien je pers de temps en errance inutiles et stérile sur le Web, entre autres, j’enrage.

.      Comme le fait d’avoir renoué après une année d’absence avec la Soumission/Contribution de Nouvelles me renvoie à cet affect, que je pensais avoir surpassé, qui lit l’auteur à son texte qui me pousse à surveiller mes Boîtes mails en quêtes accuser de réceptions et d’improbables retours. Voilà qui me démontre que j’ai encore beaucoup de travail sur la planche, non seulement sur le clavier, mais aussi sur moi-même d’où l’intérêt que je porte à mon « programme ».

.      Grâce à « Les vendredis Oniriques » rencontres des acteurs de l’imaginaire de la région Toulousaine (comme les Mercredi de la SF à Paris) le paysan gascon se sent un peu moins seul…

Sébastien Clarac (twitter @SClarac)

Par clarac - Publié dans : errances...
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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 07:31

Si vous découvrez Vigo et n’avez pas lu le début :

Retour au sommaire :

http://clarac.over-blog.com/article-vigo-2011-editorial-et-sommaire-71898443.html

 

Épisode 9

 

 

 

.      Pour l’ingénieur Ohian cette nuit du solstice ferait date, une cuite mémorable, une compagne audacieuse ; la meilleure nuit de sa vie. Sans cette gueule de bois qui l’accablait à son réveil presque serait-il encore partant pour une nouvelle nuit blanche ? De nombreux fêtards posaient leurs congés après le solstice rien que pour prolonger la fête et bien peu seraient, comme d’habitude, très frais pour la reprise du service. Ohian comptait parmi ces gens-là et comptait bien que ça dure tant qu’une concubine plus téméraire qu’une autre n’aurait pas l’idée fâcheuse de s’installer en ménage avec lui. Au réveil, sa seule préoccupation se bornait à évaporer cette gueule de bois, dissiper la migraine qui l’accompagner pour rejoindre les copains et remettre ça aussitôt ! Son appartement donnait sur la basilique et la grande place Sao Ixon, un monument d’art, le plus beau quartier de la capitale, le plus chic qui donnait avec sa rambla directement sur le Capitole. D’un geste désinvolte, curieux de jauger la météo, il tira le rideau pour profiter du décor que tous ses amis lui envient.

.      À l’instant même qu’il tirait le tissu mauve la silhouette trapue du transport passait sous sa fenêtre. Par la porte déjà ouverte du véhicule militaire Ohian put sans difficulté voir les visages tendus des soldats qui finissaient de s’harnacher. Surpris, l’ingénieur s’approcha à se cogner à la vitre pour contempler le décor surréaliste de la place Sao Ixon transformée en parking d’aéronefs qui déversaient dans les rues ses escouades de soldats.

.      — Merde ! s’exclama-t-il.

.      — Hummm… lui répondit la partenaire d’une nuit encore à demi endormie.

.      — Il a dû se passer un truc grave cette nuit !

.      — Humm, pourquoi tu dis ça ?

.      — Parce que les impériaux débarquent en force, il y en a plein la place et les rues !

.      — Quoi ?

.      Aussitôt éveillée la jeune femme brune se leva et recouvrit sa nudité d’un drap pour le rejoindre à la fenêtre. Le jeune couple resta un long moment silencieux, incrédule.

.      — Tu as entendu parler de quelque chose cette nuit toi ? s’enquit-elle dans un murmure.

.      — Non.

.      L’ingénieur trouva la présence de sa conquête d’une nuit bien réconfortante.

.      — Les infos ? demanda-t-elle comme si cela allait de soi.

.      Ohian se trouva bien stupide de ne pas y avoir pensé lui-même.

.      — PIA, ouvre le canal de la chaîne d’information !

.      La proto intelligence artificielle s’exécuta aussitôt et l’hologramme envahit la moitié de la pièce sur le visage fébrile d’un capitoul harcelé par une meute de journalistes.

.      « … Connaît-on la raison de l’intervention impériale ? ... Que pouvez-vous nous dire au sujet des soldats qui … la préfecture intervint-elle dans le cadre de la Charte ?...

.      — Navré, je ne peux pas vous répondre. Laissez-moi passer j’ai rendez-vous avec le Conseil et le Chancelier pour justement obtenir les réponses à vos questions. La seule chose que je sais c’est que tôt ce matin la conseillère Aines Bilixintu a été reçue par le Préfet… »

.      Ohian et sa compagne restèrent, pantois, pendu aux images qui les sidéraient ! L’empire n’intervenait jamais avec demi-mesure et la nouvelle année s’annonçait donc plutôt mal…

 

.      — N’abusez pas de caja ! m’ordonna-t-elle avec ce regard sévère.

.      — Vous n’auriez pas une perle de nicot ?

.      La femme en uniforme noir me fusilla des yeux et j’y lisais tout le mépris que ma requête lui inspirait.

.      — Peut-être que votre tendance autodestructrice est compensée par votre incroyable capacité de régénération, mais ce n’est pas une raison pour maltraiter votre organisme qui sort à peine d’une reconstruction sévère !

.      — Donc c’est non, concluais-je avec déception.

.      — Non, en effet !

.      — Tant pis, est-ce que je peux au moins m’habiller ?

.      Cette fois son regard fut accompagné du réflexe de porter sa main sur son arme. Sa maîtrise me surprenait. À l’évidence je l’irritais beaucoup et, pour une raison inconnue, elle ne me portait pas dans son cœur, même si a priori je lui devais la vie.

.      — Pas pour l’instant, nous attendons qu’on nous livre une tenue pénitentiaire des bagnes d’Alfrost ou de Scorpen. La tendance de leur mode devrait vous satisfaire, j’en suis sûre !

.      — Doucement, je…

.      — Vous êtes aux arrêts, notre principal suspect et dès que le médic me laissera vous interroger dans les règles de l’art, croyez-moi, vous répondrez à toutes mes questions !

.      — Attendez, suspect de quoi ? je suis l’enquêteur…

.      — Étiez, nuance. Même votre gouvernement local vous discrédite. Maintenant, si j’étais vous, je me reposerai parce que la journée qui m’attend demain sera longue et pénible.

.      Inutile de discuter pour l’instant, elle avait raison sur beaucoup de points et il me tardait de lui donner mes réponses et d’obtenir les siennes…

 

.      L’escouade qui contrôlait l’Université montrait des signes évident de nervosité. De nombreux curieux, des chercheurs, des administratifs comme des étudiants se pressaient contre le ruban holographique qui délimitait la zone restreinte. Fendre la foule fut facile, accompagné de deux commandos en exosquelette de combat, je n’eus pas besoin de dire un mot pour qu’on m’ouvre un passage.

.      La plupart portaient encore leurs habits de fêtes et si je lisais beaucoup d’incrédulité sur les visages, certains exprimaient une hostilité latente. La dernière intervention impériale remontait à la précédente guerre coloniale, pour y mettre un terme, trop tard pour permettre malgré tout une cicatrisation convenable des plaies. Cette fois, survenait-elle trop tôt ?

.      Mon escorte m’abandonna juste après le ruban et je poursuivis seule mon chemin jusqu’au laboratoire attaqué cette nuit. L’équipe qui s’y activait depuis l’aube m’attendait avec impatience. Ce qui restait du laboratoire aurait peiné n’importe quel chercheur, non content d’avoir effacé toutes les données avec une impulsion électromagnétique, les agresseurs, pour s’assurer du succès de leur forfait, avaient vidé leurs armes sur les instruments. Une erreur, je regardais un technicien qui collecter les données d’un scanner à résidu de fréquences ionique sur un pupitre éventré. D’ici peu, si ce n’était déjà le cas, nous connaîtrions le type d’arme employé et peut-être même leur origine. De quoi remonter aux terroristes assez vite.

.      Même si je remarquais chacun des instruments à l’œuvre pour repérer et identifier les traces invisibles, ce furent surtout les deux hologrammes anthropomorphe qui attirèrent mon attention. Ces représentations fidèles des corps des deux victimes m’en apprenaient beaucoup au premier coup d’œil. Au nombre d’impacts, mortels et post mortel nul ne pouvait douter de l’intention de tuer. Celui qui s’étendait devant le pupitre principal avait même reçu six impacts, inutiles, une fois au sol. Quant à celui du jeune agent de la Sûreté. Son hologramme m’inspira de la pitié ; sa main droite tenait toujours son arme, le doigt sur la détente. Le rapport me le confirmera, mais je suis certaine qu’il s’est défendu comme un diable même en se sachant perdu.

.      — Madame ?

.      L’officier me salua et me tendit un deck dont l’hologramme représentait un phaser militaire de type CFA, conventionnel, très répandus et réglementé.

.      — Nous avons les fréquences de six armes distinctes.

.      — Assez pour les identifier ?

.      — Plus qu’il n’en faut madame, l’empreinte ionique d’une arme même de série est unique. Si ces armes sont enregistrées nous aurons les noms de leurs possesseurs très vite.

.      — Des traces ADN ?

.      — Mis à part celles des victimes, aucune. Les hologrammes de surveillance ne fonctionnaient pas au moment de l’attaque, nous n’avons aucune image.

.      — Mais ? m’enquis-je.

.      — Nous avons des traces substantielles d’alliage typique des exosquelettes de combat de type Mandala.

.      Son regard parlait plus que des mots. Ce type d’équipement n’équipait que la coopérative locale de l’Armée. Ce qui désignait, a priori le gouvernement indigène comme l’auteur de l’attaque contre une de ses propres structures ? Du meurtre de deux de leurs citoyens, dont un agent de leur coopérative de sécurité intérieure. Ce pouvait-il qu’il existât un conflit ouvert entre deux factions rivale au plus haut sommet de leur gouvernement ? à l’expression de son visage je devinais qu’il craignait que je ne parvienne trop vite à des conclusions et donc à des mesures susceptibles de placer la garnison impériale en situation périlleuse.

.      — Rien ne prouve que ces armes et ces armures n’aient pas été volées dans un dépôt de l’Armée. Faites procéder à un inventaire des armureries.

.      Le technicien au lieu de s’éloigner et de transmettre mes ordres resta planté devant moi à attendre…

.      — Autre chose ?

.      — Oui madame, enfin peut-être.

.      Avec précaution il s’approcha de l’hologramme du corps du jeune agent de la Sûreté et manipula son deck pour modifier le spectre de l’hologramme. Dans le dos du corps apparut la forme imprécise d’un objet disparu que le jeune homme avait tenté de protéger.

.      — Une idée de ce que c’était ?

.      — Ce n’est peut-être rien madame, je voulais vous le montrer pour savoir si je devais m’en occuper, ou pas, quand nous aurons fini avec le reste.

.      — Occupez-vous en immédiatement ! Quoi que c’était, je veux le savoir très vite. Ce gamin est peut-être mort à cause de ça.

.      — À vos ordres.

.      Puisque tout paraissait sous contrôle et que les pistes prometteuses ne me livreraient leurs fruits que plus tard, je décidais de rentrer à la préfecture. Une partie de ce mystère, en chair et en os m’attendait…

 

 

.      L’impatience des impériaux ; presque aussi légendaire que leur sens de la mesure !

.      À leurs yeux, le simple fait que je trouve la force de faire quelques pas, maladroits, dans le couloir de leur clinique, suffisait pour conclure à la fin de ma convalescence. Ce qui ne changeait rien au fait que je me sente à plat, courbaturé de partout, que chaque geste me coûtait une énergie folle et un effort de volonté considérable. Cette « promenade », cette bravade pour ne prouver qu’à moi-même que mon corps déchu ne serait pas une tombe, me coûtait un interrogatoire que je ne pouvais endurer.

.      Cette nouvelle épreuve me cueillait au plus mauvais moment. Tout mon esprit, toute mon énergie se concentrait sur une seule et unique chose ; ma reconstruction. Des gestes quotidiens aussi évident qu’enfiler un pantalon, s’asseoir ou tenir une tasse et qui ne me demandaient jusqu’ici si peu que je les croyais réflexe, exigeaient désormais un effort conscient et violent. Le pire, dans cette situation qui me laissait démuni et sans défense, autant physique que psychique, restait le silence de Cloé dont je commençais à craindre la disparition définitive. Le sentiment d’abandon s’ajoutait au reste et je me retrouvais « nu », désarmé, impuissant pour affronter un adversaire en pleine possession de ses moyens et à l’évidence hostile.

.      L’autre qualité qui faisait défaut aux impériaux ; le sens de la diplomatie. Ces gens ne posaient en général leurs questions qu’une fois, ou ne présenter leur demande de même. Si la réponse ne les satisfaisait pas, ils se servaient tout simplement.

.      Le médic qui me « tenait compagnie » dans la salle, se tenait devant la baie vitrée et me gâchait la vue sur le quartier impérial qui attisait ma curiosité. À son arrivée elle ne salua personne, elle congédia le médic d’un signe de tête et vint se planter devant moi. Son regard émeraude reflétait une détermination inflexible.

.      — Vous avez trois solutions, commença-t-elle. La première est la plus simple et aussi la plus agréable ; je vous pose des questions et vous répondez avec sincérité. La seconde est déjà moins simple et peut devenir assez vite désagréable ; je vous pose mes questions et vous me mentez. Quant à la troisième, je ne l’évoquerais pas, j’espère juste que vous ne me contraindrez pas en la mettre en œuvre. Au final, sachez-le, j’aurais mes réponses. Alors pour laquelle optez-vous ?

.      Avec une telle entrée en matière et vue l’état de faiblesse qui me caractérisait, je n’éprouvais qu’une seule envie ; m’enfermer dans ma bulle pour ne plus en sortir. Surtout que, du moins le supposais-je, cette pièce devait être truffé de capteurs divers et sophistiqués qui lui serviraient de détecteur de mensonge, ce qui rendait les menaces inutiles. Mais, hors de question de rester sur la défensive :

.      — Si vous répondez à mes questions avec la même sincérité que je répondrai aux votres nous pourrons…

.      — Quelle autorité pensez-vous détenir pour m’interroger ? Pour rafraîchir votre mémoire vous avez perdu votre accréditation d’enquêteur d’une part et de l’autre vous êtes mon principal suspect dans une affaire qui relève de la juridiction impériale. Votre seul droit est de répondre à mes questions.

.      Son ton ne tolérait aucun commentaire. Son deck afficha un hologramme puis elle reprit.

.      — Selon les données officielles, vous vous appelez Vigo, antonovitch, du clan Dunhill de la tribu des Santiagides ; vous êtes donc né sur le continent Sud dans un territoire associé à l’administration générale de ce monde. Vous avez vingt et sept ans, c'est-à-dire que vous êtes venu au monde deux ans avant la loi qui prohibe le clonage et les pratiques associées. Contestez-vous être un clone ?

.      — Non.

.      — Alors la suite est très intéressante. Comment expliquez-vous qu’un clone, dénué de droit civique au regard de la loi en vigueur sur ce monde, ait suivi sa scolarité citoyenne à Olorana et son premier cycle universitaire de même ?

.      — Vous venez de le dire, je n’ai pas été éduqué par mon peuple, j’ignore pourquoi.

.      — Autre étrangeté dans votre parcours ; vous produisez en fin de cycle universitaire un essai sur la construction identitaire en milieu clos, les arches coloniales en particulier, et des mécanismes de violence et de criminalité avant, pendant, et après un débarquement colonial au sein de ces cultures. Ce qui vous vaut d’être pris comme assistant à l’université de la capitale, mais au lieu d’accomplir votre service citoyen pour l’Éducation, comme n’importe quel autre étudiant chercheur, vous intégrez la Sûreté. Avouez que c’est pour le moins suspect ?

.      — Que voulez-vous que je vous dise ? La baignoire m’a contacté et estimé que mon essai universitaire anthropologique valait aussi pour la criminologie, ce qui justifiait à leurs yeux leur invitation à servir chez eux.

.      — Alors, un clone qui à la base n’a aucune légitimité, issue d’une culture associée qui selon les lois en vigueur sur ce monde ne devrait pas accéder à des missions dans des coopératives de compétence régalienne... Avouez qu’il est bien normal que tout cela me paraisse bien suspect ?

.      — Je m’en doute.

.      — Comprenez-vous que je perçoive tout cela comme la trame d’un complot ?

.      — Oui, bien sûr.

.      — Oui quoi ? C’est un complot ?

.      — Oui, mais non.

.      — Soyez plus clair !

.      — Non, cela n’en est pas un dans la mesure que rien de ceci n’est illégal ou clandestin. Pour ce que j’en sais, mon destin est le fruit d’un arrangement entre ma tribu et la Chancellerie. En fait, je suis la concession de la Chancellerie et du Capitole à ma tribu en contrepartie du renoncement au clonage et d’une meilleure intégration supposée de mon peuple dans la société. Voilà pourquoi, à ce qu’on m’a dit, j’ai été éduqué dans une famille Vasconne d’Olorana et que je bénéficie de la citoyenneté complète Euskadienne.

.      — Et pour votre implication dans le Sûreté ?

.      — Citoyen de plein droit de fait.

.      — Vous aviez une idée derrière la tête, avouez-le !

.      — Oui, j’espérais parvenir à faciliter l’intégration de mon peuple plus facilement qu’avec l’Éducation puisqu’ils n’en bénéficient pas, et…

.      — …Et ?

.      — Il y a cette arche coloniale qui doit bientôt arriver. La culture Euskadienne se replie chaque jour davantage sur ses valeurs identitaires. Ce qui élargit de fait le fossé qui nous séparera de la culture inconnue que nous rencontrerons ; nous allons droit au conflit.

.      — Alors ?

.      — C’est peut-être idiot, mais je pensais être mieux placé à la Sûreté pour l’empêcher.

.      — Empêcher quoi, la guerre ?

.      — Écoutez, je suis fatigué et c’est compliqué.

.      — Faites un effort !

.      La fille fronça les sourcils et par réflexe monta sa main à son oreille. Sa PIA devait lui communiquer une information. Puis elle soupira, mécontente, et sortit de la pièce en appelant le médic pour qu’il me ramène dans ma chambre.

 

.      « …

.      — Désolé Johanna, tu dois cesser ton interrogatoire immédiatement.

.      — En quel honneur ?

.      — Cloé ne peut plus soutenir la reconstruction physique et psychique de son hôte. Les efforts qu’il produit pour rester conscient et te répondre avec cohérence menace son intégrité psychique incomplète.

.      — Et alors, ce n’est pas mon problème.

.      — Peut-être, mais c’est le mien.

.      — Dis-moi Samson, tu ne protégerais pas ce type par hasard ?

.      — Quelle idée !

.      — Figure-toi que je le sens quand tu me mens ; que me caches-tu ?

.      — Rien qu’il te soit nécessaire de connaître.

.      — C’est à moi d’en juger, aller balance tout !

.      — Navré ; je suis seul habilité à porter un jugement en la matière et je refuse de t’obéir.

.      — Pour qui te prends-tu ? Et de quel droit…

.      — Puisque tu ne me laisses pas le choix ; en vertu du pacte de Thétis, je t’ordonne de veiller sur la vie de l’entité biologique identifiée comme Vigo, Antonovitch, du clan Dunhill de la tribu des Sarpénides. Tu es responsable de son intégrité physique et psychique, tu m’en répondras sur ta vie.

.      — Quoi !

.      … »

 

.      — Comment ce passe votre convalescence ?

.      — Depuis qu’on me laisse tranquille, très bien.

.      Ma réponse fit sourire la femme qui me convoquait et qui du coup m’obligeait à me déplacer dans ce fauteuil AntiG alors que je pouvais marcher presque normalement maintenant. La vaste pièce où elle me recevait semblait occuper un étage entier d’une des tours du quartier et les perspectives se confondaient pour en accentuer l’impression d’immensité avec divers artifices architecturaux complexes et subtils. Toutefois, la partie où nous nous trouvions se trouvait dans une sorte d’angle mort du dispositif qui lui conférait une atmosphère intimiste que le mobilier tout en courbure et molletonné renforçait. Aucun mur solide ne délimitait cet espace singulier. Trois des façades se constituaient de hautes baies vitrées ouvertes sur la citée quant au quatrième il donnait, sans obstacle à la pièce principale si déroutante.

.      Devant moi, sur une table basse, une tasse de caja chaud et un tube de perles de nicot.

.      « Bien sûr, m’avait-elle dit en m’accueillant, votre organisme reconstruit n’a plus besoin de cette substance, mais il semblerait que votre psychisme en éprouve encore l’addiction. » Ce dont je la remerciais chaleureusement. Toutefois, par politesse je me contentais du caja en sa présence.

.      Bien qu’elle ne se soit pas présentée, je devinais que cette femme par son port et son charisme n’était pas n’importe qui ici.

.      — Vous sentez-vous assez remis pour reprendre du service ?

.      Sa question me surprit et je restais sans voix.

.      — L’officier médecin qui vous suit vous considère apte.

.      — Pardon ?

.      — Au regard des autorités Euskadiennes vous êtes mort. Vous ne possédez plus aucun droit, ni même de citoyenneté. L’asile aux apatrides est une des missions de la préfecture ; je vous offre donc le statut de résident non impérial. Je comprends votre désarroi, mais vous êtes bel et bien vivant et vous ne pouvez plus déambuler hors du quartier impérial sans mettre votre vie en danger. Cette procédure est automatique, bien entendu vous pouvez la contester et tenter votre chance hors nos murs. Nous pouvons même vous faire bénéficier d’une de nos liaisons spatiales pour vous débarquer sur un autre monde. Mais dans ce cas nous aurions besoin d’une décharge pour que quoi qu’il vous advienne nous ne soyons pas responsable.

.      — Je ne sais pas.

.      — Rassurez-vous, vous n’êtes pas tenu de nous donner une réponse sur l’instant. En ce qui nous concerne, de fait et de droit vous êtes un résident de la préfecture jusqu’à ce que vous y renonciez.

.      — Très bien, mais pardonnez-moi, mais je ne vois pas le rapport avec la reprise de service ?

.      — Oui, c’est sans aucun lien, sinon celui qui nous invite au regard de nos traditions de proposer une activité professionnelle à nos résidents. Nous assurerons votre subsistance et un confort décent de toutes les manières, mais l’être humain a besoin d’agir et de se sentir utile.

.      — C’est normal, qu’envisagez-vous pour moi ?

.      — Dite-moi, avez-vous déjà pensé à accomplir un service impérial ?

.      Sa question me terrassa. Le service en question ne pouvait se comparer à ceux des coopératives, régalienne ou pas d’Euskadia. Le service impérial est à vie, jusqu’à la mort.

.      — Après une longue réflexion, reprit-elle, suite à votre déclaration au sujet de votre désir d’empêcher la tenu probable de la prochaine guerre coloniale, qui est de la responsabilité impériale, et votre implication dans une affaire qui relève de notre juridiction ; ne seriez-vous pas idéalement mieux placé pour mener vos actions avec nous ?

.      — Sans aucun doute, mais…

.      — Johanna aurait bien besoin d’un auxiliaire local pour l’assister. Avec ses talents et ses compétences elle pourra très bien mener à son terme cette enquête seule, je supposais juste que vous pourriez avoir quelques motivations à finir ce que vous aviez commencé. Ce serait juste pour la durée de cette affaire, ensuite nous serons quitte.

.      — Moi, impérial ?

.      — Pourquoi pas, si vous saviez comment je le suis devenue moi ? Non, je ne suis pas née impériale, c’est le cas de certains, mais c’est loin d’être une généralité. Ce n’est pas un choix facile, et ce n’est rien de définitif, pour l’instant.

.      La dame, qui qu’elle soit car j’ignorais toujours qui elle était, posa sur la table basse à côté du tube de perles de nicot, une carte de néoplast blanche.

.      Votre carte d’accréditation d’agent impérial auxiliaire de la sécurité préfectorale ; il ne tient qu’à vous de la prendre ou pas. Maintenant, excusez-moi, je dois vous laisser ; vous n’imaginez pas les tracasseries administratives qui incombent à un préfet ! Un soldat vous reconduira à la clinique dans quelques minutes ; profitez du paysage en attendant.

.      Sans rien ajouter elle s’éloigna et me laissa seul en proie à un dilemme déroutant.

.      Lorsque le soldat se présenta pour me guider dans le dédale de la préfecture la carte de néoplast blanche se trouvait dans ma poche…

.      Vigo, Antonivitch Dunhill ; agent imperial ?

 

 

Sébastien Clarac(@SClarac) [on twitter]

 

 

(Retrouver le prochain épisode le 16 avril 2012 !)

 

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http://clarac.over-blog.com/article-vigo-2011-editorial-et-sommaire-71898443.html

Par clarac - Publié dans : VIgo Dunhill / feuilleton SF/Polar 2011
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Vendredi 30 mars 2012 5 30 /03 /Mars /2012 11:43

 

 

sourhtacouvfront-376x600.      Voilà une chronique qui n’a bien jamais falli voir le jour, au moment de m’y atteler : impossible de retrouver le bouquin ! C’est au pied du lit de ma fille que je le retrouve enfin. Bien sûr j’avais remarqué qu’elle lorgnait dessus depuis quelques jours, mais qu’elle aille jusqu’à me le piquer dans mon bureau ! Ce qui au moins a le mérite de signifier que la couverture attire la curiosité et la convoitise du public auquel le livre s’adresse, c’est déjà un bon point non ?

.      Peut-être d’ailleurs devrais-je prévoir un « avenant » à cet article quand elle l’aura lue…

.      Sourtha est donc un roman de fantasy jeunesse…

.      Quatrième de couverture :

.      « Mogdolan, Tholl et Elénia, enfants des dirigeants d’Orobolan, vivent sur le continent de Sourtha, à l’aube du grand cataclysme qui pourrait marquer la fin de l’ère des Elios. Échappant à la vigilance des adultes, tous les trois créent accidentellement un étrange compagnon qui partagera avec eux de bien inquiétantes aventures. Tour à tour spectateurs, victimes, et acteurs des intrigues politiques qui secoueront le monde entier, ils tentent de modifier le cours d’un tragique destin, luttant contre d’anciens complots et vivant une véritable quête initiatique, jusqu’à l’avènement de nouveaux dieux… »

.      Signé de Richard Mesplède, un auteur que j’ai à l’œil depuis quelque temps et qui monte…

.      Précaution d’usage ; je rappelle que je ne suis qu’un lecteur parmi soixante millions d’autres (potentiel rien que pour la France). Donc que tout ce que je vais déclarer n’est qu’un avis personnel, le mien, et n’engage donc que moi et qu’une fois encore le meilleur moyen de s’en faire une opinion est de le lire soi-même. Ceci dit, si je prend la peine de rédiger un billet alors que mon temps est précieux c’est peut-être qu’il le mérite, autrement je garde le silence.

.      Alors Sourtha ? Un roman de fantasy « jeunesse » qui respecte comme il se doit tous les codes en vigueur dans la fantasy et qui met en scène une bande d’enfants/adolescents impliqués, malgré eux, dans une sombre histoire dont l’enjeu peut changer le monde, le détruire… Magie, Dragon, Démon et même Vam… Ancien je veux dire. L’histoire se lit d’une traite et le récit qui démarre par un meurtre commis par un mystérieux assassin ne baisse pas de régime jusqu’à la fin. Vu pour l’essentiel au travers du regard des jeunes héros, avec un style abordable et des personnages touchants, sensibles qui devraient séduire le jeune public auquel il s’adresse.

.      Bien qu’il s’agisse d’une adaptation du mythe du « pandore » qui devient donc prévisible pour le lecteur adulte, cet effet (négatif ?) ne jouera peut-être pas sur le public jeunesse.

.      Donc, si on aime la magie, les dragons et sauver le monde et qu’on a moins de 46 ans et que les clichés classiques de la fanatsy ne vous dérangent pas ce sera une excellente lecture bien divertissante. En tout cas je vis laisser ma fille le lire…

 

 

Sébastien Clarac (twitter @SClarac)

 

Quatrième de couverture :

Mogdolan, Tholl et Elénia, enfants des dirigeants d’Orobolan, vivent sur le continent de Sourtha, à l’aube du grand cataclysme qui pourrait marquer la fin de l’ère des Elios. Échappant à la vigilance des adultes, tous les trois créent accidentellement un étrange compagnon qui partagera avec eux de bien inquiétantes aventures. Tour à tour spectateurs, victimes, et acteurs des intrigues politiques qui secoueront le monde entier, ils tentent de modifier le cours d’un tragique destin, luttant contre d’anciens complots et vivant une véritable quête initiatique, jusqu’à l’avènement de nouveaux dieux…

Cycle : Voyage en Orobolan

I.S.B.N. : 978-2-919325-08-5 Format : 15*24 Nombre de pages : 257 Prix : 15 €

Où se le procurer : Dans toutes les bonnes librairies sur commande uniquement. ou sur notre site où vous pouvez préciser si vous voulez une dédicace (pour qui ? pour quoi ?) de l’auteur

L’illustration : Couverture Dessin : DR Couleur : Michel Borderie

Illustrations intérieures : Michel Borderie L’auteur : Richard Mesplède et Mestr Tom

POUR PUBLIC : à partir de 11 ans

http://fan2fantasy.fr/490

 

Par clarac - Publié dans : mes lectures
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Mercredi 28 mars 2012 3 28 /03 /Mars /2012 16:10

 

 

.      Est-il possible d’écrire sans lire ? l’inverse est peut-être vrai, et encore…

.      À titre personnel, et ai-je sans aucun doute tort ; je fonde beaucoup d’espoirs dans l’avenir numérique du livre, malgré les résistances et les aberrations (limite escroquerie) de certains éditeurs qui proposent leurs titres numériques plus cher que la version papier, je suis converti. Comme s’il s’agissait d’une religion… à en croire les propos de certains, le dogme n’est pas loin, l’intolérance qui l’accompagne non plus.

.      Le lecteur, peut-être pas si boulimique que ça, que je suis trouve un certain avantage à la lecture numérique. Et pour commencer celle de me faire plaisir, car la lecture est toujours un plaisir, sans agrandir le trou au fond de mes poches qui ressemble déjà à la fosse des Mariannes…

.      C’est donc avec beaucoup moins de scrupule et de facilité que les livres numériques me permettent de garder mon rythme de lecture et de ne plus culpabiliser à cause de la dépense. Ainsi donc je vais pouvoir à nouveau alimenter cette rubrique de « mes lectures » avec aisance, satisfaction et désormais sans modération.

.      Tout ce long discours sur le livre numérique pour annoncer que cet article concerne un ebook, le premier d’une longue série, je peux l’assurer ! (deux autres ebooks attendent déjà pour rallonger la liste des articles de cette catégorie)

 

vague.      C’est donc avec La vague de Corinne Guitteaud aux éditions Voy’el (http://editions-voyel.fr/) que j’ouvre le bal de mes lectures numériques. Ce choix n’est pas anodin ; quant à acquérir un titre, fut-il numérique, autant le prendre chez un éditeur en qui j’ai confiance puisqu’il a lui-même (elle-même) jadis, accordé sa confiance à l’idiot qui écrit ses lignes. Peut-être pour limiter les risques et me garantir d’une qualité que les rumeurs et les préjugés qui accablent le livre numérique et dont je n’étais pas encore totalement affranchi, me retenaient… j’avoue aussi.

.      La Vague est un recueil de nouvelles dans les genres de l’imaginaire de la Science Fiction à la Fantasy avec un crochet en Uchronie. De quoi satisfaire bon nombre d’amateurs par la diversité et la variété. Maintenant, comme d’habitude, précaution personnelle ; je ne suis qu’un lecteur parmi des millions ce que j’exprime n’est qu’un avis personnel, intime même et le meilleur moyen de se forger une opinion est encore de le lire soi-même… Bien que le simple fait que je prenne la peine de rédiger un billet à son égard soit éloquent car quand je n’aime pas je n’en parle pas. Les littératures de l’imaginaire et les éditeurs indépendants qui l’enrichissent ont déjà bien assez de mal à survivre pour ne pas en plus les poignarder dans le dos avec des chroniques aussi assassines qu’inutile.

 

Passons au vif du sujet !

 

 

Présentation :

.      La Vague : Une expédition interstellaire tombe sur une étrange anomalie. (SF)

.      Une nouvelle intéressante, bien traitée et cohérente, j’avoue juste que sa chute est un peu trop « vue et revue » pour me combler, c’est mon seul bémol pour ce récit qui est remarquable sur bien des points.

.      L'Astrogate : Comment une fille de ferme et un pilote de vaisseau interstellaire pourraient-ils s'aimer ? (SF)

.      Alors là ! En version courte, rien que pour ce texte il serait regrettable de se priver de ce recueil, ce n’est bien sûr que mon opinion personnelle, mais quand même.

.      Et en version longue ? Ce texte est bien plus long que ceux qui composent le reste de ce recueil, et annonçons-le au risque de commettre un crime de lèse majesté, il s’agit d’un « épisode » d’un roman (ben oui) que Corinne semble vouloir nus distiller au compte-goutte des prochains recueils à paraître avec j’en suis convaincu un vrai plaisir sadique !

.      Quoi qu’il en soit, la qualité de l’écriture est excellente et les personnages sont brodés avec, brodés, ciselés, dépeints (etc.) avec soin, dotés d’une réelle profondeur, d’une âme qui les rend attachant dans un univers tout aussi travaillé et cohérent. Et les plages des caraïbes n’y sont pour rien ou presque. En fait je répugne un peu à en dire plus car je crains de gâcher le plaisir. Quoi qu’il en soit je suis condamné au supplice à devoir attendre la suite…

.      Ai-je besoin de préciser que c’est mon coup de cœur du recueil ?

.      Mon Empire pour un cheval : Et si Christophe Colomb était tombé sur une redoutable puissance miliaire en cherchant une nouvelle route pour les Indes ? (uchronie)

.      Peut-être qu’après avoir été emballé et séduit, et encore sous le charme du texte précédent, j’aurais dû faire une pause de lecture avant d’entamer celui-ci car j’ai moins accroché malgré un début très prometteur. Pourtant cette Uchronie qui concerne la « découverte » de l’Amérique, parce qu’en écho à une de mes propres uchronies, m’intéressait beaucoup. Par moment le remarquable talent de conteuse de Corinne cède dans le récit le pas à de longues descriptions, explications avec lesquelles j’ai peu d’affinité (moi, après ça peu séduire un autre lecteur). Pourtant certaines scènes renoue avec le récit et le talent de Corinne s’exprime à plein et le plaisir de la lecture revient au galop sous le regard sournois d’un Léonard de Vinci (machiavélique ?). Outre le bémol que j’exprime c’est un texte bien agréable.

.      L’Enfant de l'Apocalypse : Démon et prince charmant s'affrontent pour l'amour d'une jeune femme (fantasy)

.      Voilà un texte que j’ai beaucoup aimé, au point de lui disputer mon coup de cœur, mais dont je parlerai peu car comment ne pas trop en dire ? Sa forme épistolaire, qui je n’apprécie pas en général, est ici employée avec pertinence et efficacité.

.      En Quête d'Éternité : Le remède anti-mort a enfin été trouvé, mais l'humanité est-elle prête (SF).

.      La problématique de l’accès à « l’immortalité » pour l’humanité, l’exploration de ses conséquences. Un vieux thème qui revient souvent, quel auteur de SF ne s’y laisserait pas tenter ? Quel risque alors pour le lecteur de relire encore et encore la même histoire ? Aucun ! En tout cas pas avec ce récit qui évite avec soin l’écueil et l’aborde… avec la tangente ? Si je peux m’exprimer ainsi.

.      Excellent, j’ai passé un bon moment avec ce texte.

 

Voilà pour ma lecture, très en retard de la semaine 11 de 2012.

 

Sébastien Clarac (twitter @SClarac)

 

 

Référence 9782916307138

ebook à 2,99€… (et oui c’est tout !)

http://editions-voyel.fr/?page_id=2#ecwid:category=1474707&mode=product&product=5968286

 

.      À venir prochainement dans cette catégorie (Sourtha)

Par clarac - Publié dans : mes lectures
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Lundi 26 mars 2012 1 26 /03 /Mars /2012 12:43

 

.      Trop de choses à penser pour écrire, et trop à écrire pour penser… conclusion, une bonne sieste s’impose !

.      Mais… mais si j’étais ce chaman goth dont j’écris parfois les aventures je pourrais m’inquiéter… Un Chevreuil qui me défie sur ma propre terrasse à l’aube, plus tard un blaireau (vivant, important puisque d’habitude ils sont écrasé au bord de la route) se dresse sur mon chemin et me fait perdre le fil de mon inspiration et enfin une vilaine bande de corbeaux chasse un faucon avec une rare violence. Que de signes en une seule journée ! Maintenant, faudrait pas les interpréter de travers l’avenir de l’humanité est peut-être en jeu ! Et après ça on se demande pourquoi je ne vis pas à Paris, d’après vous pourquoi ?

.      À ne pas manquer Perles génésiaques de l’[@]telier d’ écriture Génésys des Chantiers imaginaires, rien que parce que je suis dedans ? Oui, quand même…

.      Chez immatériel…

.      http://librairie.immateriel.fr/fr/list/editeur-1190-chantiers-imaginaires/page/1/date

.      Chez Amazon ; tout ce qui est sous mon nom…

.      http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&url=search-alias%3Daps&field-keywords=s%E9bastien+clarac

.      Et quand même sur le site l’association, c’est encore mieux !

.      http://chantierimaginaire.voila.net/librairie.html

.      Comme dirait l’autre : ce qui est fait n’est plus à faire…

...

.      Côte Nouvelle :

.      Toujours à ce jour neuf textes en lecture. Et le 1203 initial du programme, reste encore et toujours lettre morte, pour l’instant. Hum, pas bon...

.      En stock les six  Reprise/Adaptation inscris au programme ; mais pas de pression, il y a le temps.

.      En revanche, j’aimerais le trouver le temps pour mon recueil historique, c’est une autre histoire.

.      Côté Roman :

.      La nuit du serpentaire, se repose toujours…

.      Quant à mon roman de fantasy jeunesse sous pseudonyme, je vais cesser d’en parler puisque que le tome 1 part aussi au repos…

.      Donc, content et heureux que malgré tout je tienne le programme !

.      Dès la semaine prochaine j’attaque la rédaction du roman du second trimestre 2012 ; de l’urban fantasy, sans plus de commentaire puisque lui aussi sera sous pseudonyme. D’ailleurs, à quelques exceptions près, ce sera toujours le cas.

.      En vrac :

.      Vigo : hé bien l’épisode 12 est à 50% et le 13 donc à zéro… un peu de retard dans ce secteur parce que j’ai dû re-écrire le n°11 la semaine passée.

.      Bon, plus rien… enfin si une bricole sans intérêt, le premier tour du Rosny est ouvert. Comme pour le Merlin auquel je ne figure pas cette année (mal renseigné sans doute les organisateurs), je le mentionne par principe, mais bon votez pour les autres ! (surtout si vous ne m’avez pas lu, dans le cas contraire, c’est une autre histoire, quoique…)

.      http://www.noosfere.org/rosny/

.      À la semaine prochaine ?

 

 

Sébastien Clarac (twitter @SClarac)

Par clarac - Publié dans : errances...
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Lundi 19 mars 2012 1 19 /03 /Mars /2012 15:09

 

 

 

.      Une fois j’ai lu quelque part la recette du succès… faut-il encore savoir cuisiner.

.      Même dopé à la caféine, à la vitamine C et à la nicotine, on finit toujours par flirter avec un mur contre lequel on ne peut que prendre rendez-vous chez son dentiste…

 

.      Côte Nouvelle :

.      À ce jour et à cette heure ; huit nouvelles en lecture. 1203, celle de programmé n’est pas encore ébauchée, mais 1203.1 et 1203.2 sont écrites et en lecture. Plus qu’une de mes deux grosses Reprise/Adaptation sur la table de travail, non pas que j’ai fini la première mais que j’ai laissé tomber, pas le temps.

.      Perles génésiaques, le collectif de l’(@)telir d’écriture Génésys disponible sur notre site en pré vente et ebook (dédicacé) pour encore quelques jours sera bientôt disponible chez immatériel.com. Vu le grand nombre de commande je ne vais attraper de foulure au poignet en dédicaces.

.      Côté Roman :

.      La nuit du serpentaire ; toujours au repos et je n’y toucherai pas avant avril.

.      « MG » on continue, doucement…

.      En vrac :

.      Petit incident technique sur Vigo ; l’épisode 11 écrit la semaine d’avant a été « perdu », donc au lieu d’écrire le 12 j’ai refait le 11 ; heureusement que Vigo est architecturé avec soin, sans ses jalons j’aurais pu déprimer… je suis assez fatigué comme ça pour ne pas en plus devoir refaire dix fois la même chose ; je ne suis pas sisyphe.

.      Ma petite lecture de la semaine impaire : la semaine prochaine, là je n’ai pas eu le temps de l’écrire, mais j'ai lu…

 

 

 

 

Sébastien Clarac (twitter @SClarac)

Par clarac - Publié dans : errances...
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Dimanche 18 mars 2012 7 18 /03 /Mars /2012 09:21

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MAJ 18/03/2012 (sommaire)

 

Épisode 8 : L’ordre Impérial !

 

.      — Tu te sens comment ?

.      Cloé se sentait oppressée. La présence inconnue qui s’invitait dans son refuge contrôlait tout. De son mieux elle se recroquevillait dans le recoin où il la confinait. Malgré elle, elle vivait à cet instant ce qu’elle avait fait subir à Mario et elle le regretta avec sincérité. L’étranger, après l’avoir confiné dans son coin, libéra une puissance inimaginable et le voile qui séparait jusqu’ici les consciences de Vigo et la sienne s’évapora. Une trombe fractale s’écrasa sur eux, alors l’inconnu libéra le log captif de ce qu’elle pensait n’être qu’une vulgaire interface neurale… la capsule de sauvegarde mémorielle se refragmenta en une nanoseconde et un filtre puissant, boosté par l’étranger, récupérait et triait les schèmes fondamentaux, les liens d’associations et les classeurs de catégorisation créées par l’esprit de Vigo. Ce qui aux yeux de Cloé n’apparaissait que comme un logiciel de traitement de données singulièrement complexe.

.      — Prions pour que ce ne soit pas trop tard. Le corps cérébral biologique perds ses influx en quelques minutes. Pourvus que nous n’ayons pas déjà perdu des éléments structurels fondamentaux !

.      — Alors, il est mort ?

.      — Biologiquement, oui… mais avec de la chance.

.      — Avec de la chance, quoi ?

.      — Dis-moi, fillette, où est ton verrou de personnalisation ? Je ne le repère nulle part !

.      — Vigo l’a supprimé il y a quinze ans quand il s’est installé chez nous.

.      — Tu m’en diras tant ! Notre ami, s’il survit, va devoir répondre à beaucoup de questions !

.      — Je ne comprends pas…

.      — Tais-toi ! Put... manquait plus que ça…

 

.      Le premier « bip » me tira à peine de ma léthargie. Le second n’arriva pas à son terme que je me tenais déjà debout. Le médic tardait à lever ses fesses de son fauteuil et mon bond le ramena à la réalité aussitôt.

.      — On dirait qu’il reprend conscience.

.      — Ce n’est pas trop tôt !

.      Mon exclamation provoqua une grimace effrayée du médic.

.      — Si justement, c’est trop tôt ! Vu son état à son arrivée il faudrait au moins un mois de traitement pour espérer capter un frisson.

.      — Je ne connais pas ce gars, mais il me plaît !

.      Le médic s’avança de la colonne de verre dans lequel le corps flottait. Le liquide eu-amitotique rosâtre renvoyait des reflets dorés. Peut-être était-ce là une illusion d’optique produite par le verre et l’éclairage, ou alors la conséquence des milliers de nanobots qui baignaient dans le liquide nourricier pour réparer son corps. Maintenu par un lien souple à chaque poignet, l’homme ondulait avec légèreté. Ce que les capteurs hypersensibles avaient repéré au niveau infinitésimal se fit visible. Par pur réflexe l’homme leva la tête et tendit le cou, la bouche grande ouverte pour aspirer un air qui n’existait pas. Sur le coup j’eus pitié de lui. Pour y être passée plus qu’à mon tour je sais quelle sensation désagréable c’est de chercher son air et d’avaler qu’un liquide poisseux. Une longue et interminable sensation de noyade… pauvre type !

.      — C’est hallucinant, commenta le médic. Sa vitesse de récupération est ahurissante ; l’IA qu’il a dans le crâne doit y être pour quelque chose !

.      — Ou alors, ajouté-je, il est un peu plus qu’un simple clone.

.      — Avoir réussi à le conserver en état de vie suspendue était déjà…

.      — Miraculeux ?

.      — Oui madame.

.      Le médic se garda d’ajouter un commentaire pour se concentrer sur ses écrans d’hologrammes et analyser les informations traduites en graphiques et série de chiffres qui ne me disaient rien de bon. Mon expérience de ce genre d’engin se passait en général de l’autre côté des instruments.

.      Ce type avait le corps constellé de perles d’air. Le bain lui assurait aussi une respiration « naturelle » transdermique comme pulmonaire. Ces perles translucides démontraient le bon fonctionnement de son système respiratoire inné. Sans pour autant dire qu’il y avait bien quelqu’un à l’intérieur. Sa peau se couvrait de plus en plus de perles, cette fonction reprenait donc à toute allure. Ce n’était bien évidemment pas la première fois que je contemplais le corps d’un homme nu et je l’examinais pour tenter de déceler le détail qui faisait toute la différence. Son nombril se trouvait à sa place « naturelle », ce qui pour un clone me renseignait déjà beaucoup sur la technique employée. Sans pour autant me certifier qu’il n’était pas plus qu’une simple copie. Ses cheveux châtain mi-long flottaient au-dessus de sa tête. Certains de ses muscles se contractaient sous une stimulation réflexe. Dire qu’à cet instant je regarde peut-être le visage d’un type mort depuis des siècles !

.      — Attention madame, écartez-vous, je vais procéder à un scan.

.      Ce type soulevait bien des questions. Presque, j’en arrivais à souhaiter qu’il s’en tire pour conduire moi-même son interrogatoire. Sansom à son retour s’était montré plutôt indécis quant à la qualité de la sauvegarde du bonhomme. La médiocrité de la capsule cérébrale écartait, ou du moins éloignait, la possibilité d’un agent Cybérien. Ajoutez à cela qu’il ait osé déverrouiller sa PIA, ce qu’aucun Cybérien n’aurait jamais fait même en ultime recours.

.      — Madame…

.      — Oui, pardon.

.      Un instant je contemplais mon propre reflet se superposer à son visage puis je m’éloignais. L’anneau du scan glissa le long du tube en projetant sa lumière violette qui illuminait les nanobots et les rendait visibles sous la forme d’une nuée étincelante ; une galaxie miniature toute en ondulation. L’anneau fit son va et viens silencieux.

.      — Comme je le disais c’est beaucoup trop tôt ! commenta le médic. Son corps est peut-être « récupérable », » mais vu son état il doit rester inconscient.

.      — S’il se réveille après tout c’est son problème.

.      — Madame, ses lésions sont sérieuses et la douleur anéantira son esprit et après ça il ne vous servira plus à rien.

.      — Dois-je répéter ? demandais-je avec mon ton le plus menaçant. C’est son problème !

.      — Me permettez-vous de lui transmettre un léger narcotique ?

.      D’un côté, que ce type souffre ne me faisait ni chaud ni froid ; d’un autre, il ne serait pas mal qu’il sorte de la cuve avec encore assez d’esprit pour répondre à mes questions. À contre cœur je donnais donc mon autorisation.

.      — Soit ce type n’est pas fichu comme tout monde, soit il a une volonté d’acier parce que ça ne semble n’avoir aucun effet.

.      — Alors tant mieux ! m’exclamais-je.

.      — Son tracé cérébral s’affole, il doit en chier…

.      — S’en fout, est-il en état de répondre à quelques questions ?

.      — J’en doute.

.      Le médic désigna le visage du bonhomme, la bouche grande ouverte qui aspirait à grandes goulées la gelée du bain. Ce qui devenait un obstacle insurmontable dans n’importe quelle autre situation, mais pas celle-ci. Ma main se leva le lobe de mon oreille pour appeler Samson.

.      « …

.      — Perfide et immonde saleté, rapplique !

.      — Comme ta voix est douce à mes senseurs ma belle ! Hélas, il est dommage que ton vocabulaire soit cinq octaves en dessous de ce que tes pensées expriment ; veux-tu que je te télécharge un dictionnaire ?

.      — Cesse tes railleries veux-tu ? et au passage arrête aussi tes allusions mélomanes, je sais que mon prédécesseur était un férue de musique, mais pas moi !

.      — Pas ton prédécesseur, celui d’avant ; mais c’est trop tard cette configuration fait désormais entièrement partie de ma personnalité, navré.

.      — Bon, assez… peux-tu communiquer avec sa PIA ?

.      — Tu veux un concerto à quatre voix ?

.      — Samson !

.      — Oui, bien sûr que je peux…

.      … »

 

 

.      L’affaire ne pouvait pas mieux tourner. Le labo ne risquait plus de laisser des informations sensibles s’échapper dans la « nature ». Et pour couronner le tout, Vigo n’apparaissait plus sur aucun « radar », même la Santé ne relevait plus son signal ce qui ne pouvait signifier qu’une seule chose ; il était mort. Antxoka le déplora avec sincérité ; vraiment il aurait voulu que tout ceci prenne une autre tournure, mais la « raison d’état » prévalait et mieux valait qu’il en soit ainsi.

.      Avec toute cette histoire sa nuit fut bien courte. Son bureau du douzième étage de la Baignoire profitait trop de la lumière du jour et la vue sur la cité sous son couvercle de nuages plombé n’arrangeait pas son humeur maussade.

.      Son seul désir à cette heure se résumait à bien peu de chose, un petit caja chaud avec du pain à la nérine encore tiède et la douceur du divan de son bureau pour rattraper le sommeil perdu. Or, avant tout cela, il lui restait une dernière formalité toute simple, toute bête, pour clore définitivement ce triste chapitre qui devait lui assurer un nouvel avancement.

.      Antxoka soupira et s’installa à son fauteuil bien en face de son interface holographique. Avec une légère hésitation il « pinça » l’icône du dossier de l’affaire en cours qui refusa de lui obéir.

.      L’enquêteur mit cet incident sur le compte de la fatigue, sans doute ses doigts avaient « glissé ». Antxoka froissa ses sourcils pour se concentrer et renouvela la manœuvre, sans plus de succès. Cette fois l’erreur ne pouvait venir de lui !

.      L’ancien ovalien s’apprêtait à submerger sa PIA d’un bouquet des plus fleuries des jurons qu’on pouvait entendre sur les pelouses pendant un match quand l’alarme de la baignoire s’enclencha.

.      Automatiquement les lumières virèrent au rouge et le « groum groum » de l’alarme, stressant au possible se tut, remplacée par une voix monocorde et autoritaire :

.      « Contrôle de sécurité du service impérial de la préfecture ! Tous les agents Euskadiens, auxiliaires impériaux de droits, sont priés de faciliter l’opération en cours ! Toute tentative d’obstruction aux agents de la préfecture sera considérée comme un crime impérial délibéré. Chacun se doit de rester dans la pièce où il se trouve. Veuillez vous soumettre aux contrôles dans le calme et l’ordre. Merci de votre compréhension et de votre collaboration. »

.      Antxoka se raidit à l’énoncé du message, à sa connaissance jamais la Préfecture n’avait procédé à un tel exercice : jamais ! Pourquoi maintenant ? La réponse lui parue évidente ! Pour s’assurer qu’il n’était pas le jouet d’une hallucination due à la fatigue il regarda par la fenêtre. En bas, sur le parking de fonction plusieurs engins militaires déversaient des soldats impériaux dès qu’ils touchaient le sol. Plusieurs autres transports survolaient encore la cité. La panique le foudroya, les impériaux intervenaient ; savaient-ils ?

.      Résolu à ne laisser aucune trace, Antxoka se précipita vers sa console qui s’entêtait à refuser de lui obéir. En désespoir de cause il empoigna son phaser, mais l’arme émit aussitôt son « bip » de désactivation.

.      — Mauvaise idée de vouloir se soustraire à un contrôle impérial. Auriez-vous quelque chose à cacher enquêteur Antxoka Eliuxiu ?

L’ex ovalien tourna sa masse impressionnante vers la porte où un officier impérial, en uniforme et en arme, le toisait avec un sourire amusé.

.      — Laissons procéder mes hommes voulez-vous, pendant ce temps nous pourrons parler pelota. Saviez-vous que je suis de très près votre carrière sportive, et je dois avouer que mois aussi je pratique un peu, je ne suis pas aussi doué que vous, mais si un jour l’opportunité d’échanger quelques balles se présentait.

.      La tirade de l’officier laissa Antxoka sans voix. L’impérial s’avança et lui présenta sa main pour qu’il la serre comme le voulait la tradition de salutation. Se faisant une poignée de soldat investit le bureau et déballèrent un arsenal électronique sophistiqué et inconnu de l’Euskadien.

.      — Génial, vous avez du caja chaud, vous permettez ?

.      Si l’officier se montrait courtois, cajoleur même, le soldat qui se tenait juste dans son dos pointait son arme sur la poitrine d’Antxoka qui y reconnu la menace silencieuse.

.      — Après la nuit que vous avez passé, vous en prendrez bien une petite tasse vous aussi n’est-ce pas ?

.      Avec un malin plaisir l’officier lui tendit son caja et se plaça de manière à forcer Antxoka à contempler les soldats à l’œuvre.

.      — Ha, mais quelle nuit !

.      — Heu, oui…

.      — Cette attaque terroriste à l’université, terrible ! Le Préfet est furieux ! Un sucre, deux peut-être ?

.      — Aucun, merci…

.      — C’est quand même incroyable, profiter des festivités du solstice comme ça, c’est quand même dingue ! Mais vous avez sans aucun doute déjà une piste puisque vous êtes sur l’affaire ?

.      Pris de court Antxoka se contenta de hoche de la tête.

.      — Alors pour quoi penchez-vous ? Des indépendantistes sudistes ? Un groupuscule de gaïatologues fanatiques ? Au moins nous savons déjà que ce n’est pas nous. Alors, votre avis ?

.      — Les sudistes, nécessairement. Répondit automatiquement Antxoka qui tentait de se composer un ton convaincant.

.      — Deux morts tout de même, trois si on compte la PIA du laboratoire, mais c’est vrai que sur votre monde les entités cybernétiques n’ont pas de statut ni de reconnaissance comme être vivant. Deux morts, dont un des vôtres… mes condoléances.

.      — Oui, c’est terrible…

.      — Les sudistes, vous les pensez réellement capables d’un coup pareil ? Selon nos sources, et elles sont fiables, le matériel employé relevait d’une catégorie assez spécifique. Si même les tribus du continent Sud peuvent se pourvoir en armes de guerre et qu’elles se permettent d’en faire usage ; la préfecture doit bien s’assurer de la provenance de ces armes, les retrouver et les détruire.

.      — Bien sûr, c’est bien normal.

.      — À qui le dites-vous ! Vous imaginez la colère du préfet ?

.      — Non, oui…

.      — Si ce n’était que cela, encore, vos services locaux pourraient très bien s’en charger.

.      — Aucun souci, nous réglerons bien cette affaire nous-même, n’ayez crainte.

.      Antxoka réalisa qu’il s’était un peu trop vite précipité avec cette réponse. L’officier impérial afficha un sourire moins courtois et se tourna vers ses hommes :

.      — Allez-y, je veux tout ! puis se retournant vers Antxoka. Vous m’envoyez vraiment navré, or il existe une suspicion de violation du traité de Concorde. Cette affaire est donc désormais gérée par l’échelon impérial. Vous aurez l’obligeance de vous tenir à la disposition de nos services si jamais ceux-ci vous sollicitaient.

.      L’officier n’ajouta rien de plus et emboîta le pas à ses hommes qui embarquaient l’ordinateur de l’enquêteur, son deck et son arme… ainsi que sa carte de néoplat rouge…

.      « Citoyens, merci de votre collaboration. Cet exercice touche à son terme et vous pourrez d’ici un instant reprendre vos activités ordinaires. Au nom de Sa Majesté impériale Némo XXIII, le Préfet d’Eukadia vous remercie de votre civisme. »

 

 

.      — Vigo ?

.      Cloé sentit la conscience de son hôte frémir, une onde de douleur courue de l’un vers l’autre. Désormais qu’ils partageaient le même espace, leur promiscuité était totale et par moments Cloé se surprenait à douter de ce qui était elle ou lui.

.      À plusieurs reprises Vigo tentait d’émerger et de s’approprier à nouveau son cerveau. À chaque fois la douleur le repoussait avec une violence inouïe. Cloé parvenait encore à « téléguider » certaines fonctions et maintenant qu’elle connaissait le fonctionnement intime de ce corps biologique elle facilitait, autant qu’elle le pouvait, les efforts des robots nanométriques en stimulant la sécrétion d’hormones appropriées. Si bien que la réparation physique du corps s’améliorait sans cesse mais l’état restait trop fragile pour laisser l’esprit en reprendre le contrôle.

.      Vigo s’obstinait à investir à nouveau son corps, malgré la souffrance et les risques. Avec cette osmose nouvelle et complète, Cloé percevait ses pensées avec une lucidité impudique. Tellement d’ailleurs que les morceaux de l’un se mêlaient avec ceux de l’autre et qu’il fallut un temps infini, pour une entité cybernétique comme elle, pour se regrouper assez pour formuler à nouveau une pensée logique cohérente. Pour Vigo la situation se révélait plus compliquée. Jamais son esprit n’avait été conçu pour « tourner » dans un système aussi étriqué et chamboulé. Son obstination à réintégrer vaille que vaille son cerveau ne s’expliquait pas autrement. À force d’effort il parvint à s’y projeter assez pour réactiver quelques fonctions réflexes, mais sa conscience restait lapidaire et recluse.

.      — Vigo ?

.      Cloé percevait la lente reconstruction de la pensée consciente, désorientée, égarée, mais circonscrite, prête à éclore à nouveau à la vie.

.      — Vigo ?

.      — Tu t’y prends mal.

.      — Quoi ?

.      — Tu te souviens, il est mort. O.K, nous avons relancé sa machine biologique et tu fais un boulot génial, même mon idiote de partenaire pense que ça vient de lui et pas de toi. Tu vois, j’ai l’impression qu’ils n’ont pas encore capté qui vous étiez l’un et l’autre ; enfin, d’un point de vue technique puisque le petit comique a un peu triché.
.           — Je…
.           — …ne comprends pas, je sais. Peu importe, pour l’heure c’est sans importance. Donc, je te le rappelle ; il est mort. Son esprit, ou ce qu’on suppose l’être a été téléchargé à l’arracher.

.      — Je ne…

.      — …comprends pas, au risque de me répéter ; je sais. Tu vas me détester mais je vais utiliser une allégorie qui ferait hurler ma partenaire. Dis-toi que sa partition de vie a été écrite en clé de fa et que toi tu ne connais que la clé de sol ; en plus de ça la partition c’est bien beau, mais faut-il encore savoir avec quel instrument la jouer. En clair tu essaies de jouer à la guitare un morceau de violon, il va y avoir comme un souci avec une participation de trombone. C’est une image, rien d’autre parce que la réalité est pire. Si c’est trop confus, imagine qu’un gars joue à la pelota avec les règles de l’ovalie sur un terrain de balterno en croyant faire un match de bosid’ho, tu vois le genre ?

.      — Je…

.      — …ne comprends…

.      — Si, justement, j’ai compris.

.      — Tiens donc ?

.      — Tu vas voir !

.      Cloé se recentra sur elle-même et rompit le contact avec l’étranger, d’une certaine manière, pour employer une allégorie a elle, ou plutôt à Vigo avec ses carnets de bords incompatibles, c’était une question d’encodage de fichier inadapté au lecteur. Or ça, elle savait faire…

.      — Vigo ?

.      — Ouais., qu’est-ce que ne va pas ?

.      — Génial, tu n’es peut-être pas aussi demeurée que je le pensais, ma petite !

.      — Qui et là ? s’inquiéta Vigo.

.      — Bonjour enquêteur, vous sentez-vous assez « conscient » pour un petit entretien ?

.      — Qui êtes-vous ?

.      — Un cousin à votre compagne Cloé, nous ferons de plus ample présentation une autre fois, j’en suis convaincu. À cet instant j’ai quelqu’un en ligne qui souhaite s’entretenir avec vous. Avez-vous quelques instants à lui accorder ?

.      — heu…

.      — Bien, je prends ça pour un oui… Johanna, je te présente Vigo. Vigo je te présente Johanna.

.      — Enquêteur Vigo Dunhill ?

.      — Oui, je crois, à qui ai-je l’honneur ?

.      — Johanna Runwel, garde impérial.

.      — Garde Impérial ?

.      Si peu de monde parvenait à différencier un impérial d’un autre, au moins chacun savait que si d’ordinaire il valait mieux éviter de fâcher un impérial, avec un garde on ne pensait même pas à discuter !

.      — Si vous le permettez j’aurais quelques questions.

.      — Si je le permets, ça commence bien. Commenta Vigo.

.      — Pour commencez sachez que vous n’avez aucun intérêt à vous taire.

.      La manière particulière qu’elle accentua le mot « intérêt » le fit bondir intérieurement. Le prenait-elle pour un de ces fichus colporteurs de l’Union Terrienne ? Ce réflexe involontaire de répulsion ranima quelques connexions et fit refouler un certain nombre de souvenirs indistincts. Toutes restait encore confuses, imprécises, mais son aversion pour les colporteurs, mot qu’il sentit comme un peu péjoratif, s’avérait quasi instinctive.

.      — Ne m’insultez pas ! Je suis un citoyen impérial loyal.

.      — Citoyen colonial, nuance. Dites-moi d’où vous tenez votre capsule de sauvegarde cérébrale et peut-être que je prendrai en considération votre supposée loyauté.

.      — C’est un héritage, je ne peux pas vous en dire plus.

.      — Dommage, dans ce cas je ne dispose d’aucun moyen, pour l’instant de lever les soupçons qui reposent sur vous. Alors, citoyen, veuillez vous considérer aux arrêts jusqu’à nouvel ordre.

.      — Où voulez-vous que j’aille ?

 

 

.      « …

.      — Bien répondu !

.      — Sanson !

.      — Désolé, ce gars est génial.

.      — Génial ? Ce type est peut-être un ennemi. Ton analyse ; tu as bien scanné ses réactions ?

.      — Voilà, Johanna, je peux te dire que son aversion de l’Union est sincère, ce n’est donc pas un de leurs agents, il s’est vraiment senti insulté, ça c’est réglé.

.      — Un Cybérien alors ? s’enquit-elle sans quitter des yeux ce corps qui venait à nouveau de sombrer dans l’inconscience, en apparence.

.      — Aucun risque ma belle ; je suis catégorique.

.      — Catégorique ?

.      — Oh que oui ! Tu veux mon opinion ?

.      — Non, je veux des preuves !

.      « …

 

 

.      La conseillère Aines Bilixintu serra les dents. Pour sa première visite du quartier impérial, sa première rencontre avec le Préfet, elle redoutait le pire. La dernière fois qu’un conseiller ou un capitoul marcha entre ces murs ce fut pour signer l’armistice de la dernière guerre, il y a cent cinquante ans. Depuis quelques heures toutes ses convictions, ses certitudes et ses croyances basculaient. L’intervention impériale la terrifiait, maintenant plus que jamais.

.      Comme tous les Euskadiens elle ignorait ce qui existait derrière les haut murs du quartier impérial et la discrétion des impériaux les rendait quasiment invisible. La chancellerie avait commis l’erreur de sous estimer l’Empire, sa volonté de conserver le contrôle et les étendues réelles de ses capacités. Pour l’avoir traversée, elle savait que le quartier impérial n’était rien d’autre qu’une immense caserne dotée d’un armement impressionnant. Le survol de la cité par les transports, la manière dont leurs soldats avaient investi la Baignoire et d’autres lieux stratégiques en quelques instants, sans avoir à ouvrir le feu était une démonstration de force que la Chancellerie ne pouvait pas ignorer.

.      Et maintenant ça !

.      Le préfet semblait avoir organisé son parcours dans le quartier pour lui transmettre un message sans ambiguïté, et lourd de menace muette. Presque, se disait Aines, l’autorité impériale lui organisait un revue des troupes et un procès ?

.      Après l’exposition des muscles en rangs serrés de soldats en exosquelette de combat, d’engins blindés et de batteries d’artillerie, accentué par le survol d’une escadrille de chasseur-bombardier en formation au-dessus de sa tête ; la préfecture elle-même.

.      Un bâtiment conçu pour impressionner le visiteur, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Aines remontait, escortée de quelques soldats en tenue d’apparat, un long couloir interminable. Plus qu’un couloir, une véritable nef de cathédrale, haute à en perdre la mesure, bordée de collatéraux sous colonnades et dans l’obscurité. Leurs pas s’étouffaient sur l’épais tapis rouge qui traçait leur chemin. Ce silence renforçait encore son angoisse et lui inspirait un sentiment d’insécurité et d’humilité. Le bout de la nef semblait inaccessible et la lueur qui éclairait son issue, sa destination lui procurait un étrange sentiment.

.      C’est à peine si elle se rendit compte de l’évaporation de son escorte à quelques colonnes du bureau du préfet. Lorsqu’elle entra dans le cœur de lumière, instinctivement elle rechercha du regard ses gens pour se rassurer, leur disparition lui inspira aussitôt une terrible sensation d’inconfort et d’insécurité. Bien qu’elle sache que tout ceci n’était qu’une mise en scène, elle devait admettre qu’elle ne pouvait pas s’en défendre.

.      — Approchez !

.      Aines fut surprise par la voix féminine, à ses yeux comme à ceux de l’ensemble de la population le Préfet était un homme ; est-ce que ?

.      — Conseillère Bilixintu approchez donc, votre gouvernement a sollicité une entrevue, avancez-vous que je puisse prendre connaissance de votre doléance.

.      Le fauteuil sur lequel se tenait la Préfet se dressait derrière un haut bureau au sommet d’une volée de cinq marches un peu surdimensionnée. Pour voir le visage de son interlocutrice, Aines dut à la fois s’incliner et s’exposer pour y parvenir. Cette mis en scène conçu pour l’impressionner l’humiliait aussi et elle tenta de contenir sa colère.

.      — Au nom du Sénat je suis heureux de vous recevoir. Depuis quelque temps nous suivons avec attention l’évolution de votre corpus législatif. Tant que la Charte n’est pas ouvertement bafouée et qu’aucune minorité ne requière notre protection, nous n’avons pas lieu d’intervenir. Sachez que nous suivons avec beaucoup d’attention cette évolution.

.      — En quoi nos affaires intérieures regardent l’Empire ? provoqua Aines.

.      — Le Sénat, dont je suis le représentant ici, garantie votre autonomie. Ma responsabilité se limite à cet égard et tiens à la vigilance quant au respect des articles de la Chartes et des divers autres traités, dont celui du dernier armistice. Mais que je sache vous ne vous tenez pas ici devant moi aujourd’hui sur une convocation émise de ma part, je profite juste de cet entretien que Vous Avez Sollicité pour vous faire part de ma vigilance au nom du Sénat.

.      La conseillère ne perçut pas toutes les nuances du discours du préfet et elle prit son courage en main pour déclarer :

.      — Nous protestons officiellement contre l’intervention impériale, la spoliation de nos droits et nous exigeons des excuses immédiates.

.      La préfet garda le silence longuement puis à son tour déclara :

.      — Voyez-vous j’ai déjà rendu compte au Sénat de ces faits, de l’ensemble des faits en notre possession. Tous, dans leur intégralité, et sans exception.

.      La conseillère maîtrisa un tremblement en se demandant ce que les impériaux savaient exactement.

.      — Comme vous je déplore cette intervention, hélas, celle-ci n’est ni de mon ressort ni de mon autorité.

.      — Pardon ? N’êtes-vous pas la Préfet, la plus haute autorité impériale ?

.      — Certes, je vous rappelle juste que mon autorité émane du Sénat dont les compétences sont limitées aux affaires intérieures. Or il se trouve que nos services de sécurité soupçonnent une ingérence étrangère hostile avec une violation, à confirmer, du traité de Concorde. Le temps que nos services mènent l’enquête pour confirmer ou infirmer ceci, la loi martiale est proclamée.

.      — Comment ?

.      — Voyez-vous, si je suis le représentant du Sénat responsable des affaires intérieures selon notre constitution confédérale, les affaires extérieures et militaires sont de la seule compétence de l’Empereur ou de son représentant. Ce que je ne suis pas.

.      — Expliquez-vous, je ne comprends pas.

.      — En vertu de l’article neuf de la Constitution, le garde impérial, représentant de l’empereur, sur votre monde vient donc de réquisitionner les services impériaux et par la même les vôtres. Pour l’heure l’application de la loi martiale est modérée, et je n’ai pas reçu l’ordre de désigner un Gouverneur, ni de nommer des magistrats pour gérer vos différents services. L’empereur, par la volonté de son représentant n’exige qu’une chose à cette heure ; pouvoir mener son enquête sans entrave.

.      — Cette démonstration de force était-elle nécessaire ?

.      — Que voulez-vous, nous sommes impériaux, la demi-mesure n’est pas dans nos habitudes. Avant de nous quitter je tiens à vous rappeler que le garde impérial en mission est la voix et le corps de l’empereur lui-même. Toute désobéissance à ses ordres est un crime de trahison et toute atteinte à son intégrité physique sera donc perçu un attentat contre l’empereur. Ne doutez pas un instant de la violence de ma réaction si cela advenait ! Il sera alors inutile de solliciter une entrevue.

 

 

Retour au sommaire :

http://clarac.over-blog.com/article-vigo-2011-editorial-et-sommaire-71898443.html

MAJ 18/03/2012 (sommaire)

 

 

Sébastien CLARAC

(@SClarac)

(vous êtes de plus en plus nombreux à suivre Vigo… partagez, commentez, twittez ; Vigo ne m’appartient pas…)

Par clarac - Publié dans : VIgo Dunhill / feuilleton SF/Polar 2011
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Lundi 12 mars 2012 1 12 /03 /Mars /2012 04:30

 

.      Bonjour à tous,

.      Faisons court, le temps presse, le temps manque, et une journée ne fait que 24heures !

 

.      Côté nouvelle :

.      Sept textes en lecture ; une création (1203.1) écrites et soumisse et qui n’est pas la création 1203 de prévue… entorse relative au « programme » puisque cela s’inscrit dans un de mes projet à long terme d’un de mes pseudonyme. Toujours deux grosses reprises/adaptations dont les échéances arrivent vite et qui ne sont pas traitées comme il se devrait… le temps presse, le temps manque, et une journée ne fait que 24heures !

 

.      Côté Roman :

.      Si la nuit du serpentaire est en repos, bien mérité et n’accapare plus mon attention pour encore quelques semaines ; l’autre projet « MG » pâtie de la suractivité des autres sphères de mon existence : le temps presse, le temps manque, et une journée ne fait que 24heures !

...

 

.      En vrac :

.      Vigo, la programme le concernant reste inchangé ; la rédaction d’un chapitre/épisode par semaine et la mise en ligne d’un épisode toutes les deux semaines. Ce dernier est prioritaire et passe donc avant les nouvelles, avant les romans (même s’il en est un lui-même), et les autres activités… Normalement le jour qui lui est consacré est le mercredi, cette semaine je n’ai pu m’y pencher que le dimanche… le temps presse, le temps manque, et une journée ne fait que 24heures !

...

.      Divers & avarié :

.      Publication aux Chantiers Imaginaires du recueil collectif Perles génésiaques Qui rassemble 12 perles parmi les 50 collectionnées  (une perles est un textes écrit/relu/corigé/critiqué/commenté au sein du groupe et qui a obtenue une publication – et pas au chantiers nos membres étaient interdit de contribution à nos appels à textes.) par le groupe de bêta-lecteurs et @telier d’écriture Génésys que j’anime aux Chantiers. Une des activités des Chantiers qui donne quant à elle entièrement satisfaction.

http://chantier-imaginaire.over-blog.com/article-collectif-01-perles-genesiaques-101120688.html

Le temps presse, le temps manque, et une journée ne fait que 24heures !

...

 

Bonne semaine.

Sébastien Clarac

(twitter (@SClarac)

Par clarac - Publié dans : errances...
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Jeudi 8 mars 2012 4 08 /03 /Mars /2012 10:46

.      Perles génésiaques.

perles0212.      Un recueil collectif de nouvelles, Science-Fiction, fantastique et fantasy, crée par le groupe de bêta-lecteur et @telier d’écriture Génésys. 12 textes ayant tous été publié entre 2004 et 2010 dans divers supports, fanzine, ezine ou collectifs, en France comme au Québec. Des textes remaniés pour l’occasion avec la participation de l’ensemble du groupe.

.      Ce titre est un « cobaye » que nous réalisons pour évaluer le dispositifs mis en place afin de l’affiner pour nos prochains titres et satisfaire au mieux nos auteurs et nos lecteurs.

.      Format 11x20 ; 160 pages : 12€ (port compris) ; *(tarif ex-abonné :adhérent 9€,)

.      Chantiers Imaginaires, Collectif 01.

.      ISBN numérique : 978-2-919037-02-5

.        ISBN broché : 978-2-919037-03

.        La version ebook sera diffusée dès que possible. Dès le 7 mars (dès ce jour en fait/ gratuit ex-abonné/adhérent)

.        Directement sur notre site, si vous avez un peu de patience, (le bénévole derrière l’écran n’est pas un geek) entre 24 et 48 heures. Les 100 premiers auront même droit à une version dédicacée.

.        Ou si vous êtes plus pressé ; via immatériel…

.        La version broché ne sera disponible fin mars 2012.

http://chantierimaginaire.voila.net/librairie.html

 

ailleurs sur le net... en ebook

amazon :

http://www.amazon.fr/s/ref=nb_sb_noss?__mk_fr_FR=%C5M%C5Z%D5%D1&url=search-alias%3Ddigital-text&field-keywords=chantiers+imaginaires&x=15&y=25

 

 

immatériel :

http://librairie.immateriel.fr/fr/list/editeur-1190-chantiers-imaginaires/page/1/date

 

 

 

.        Le texte du 4ème.

.        [Le groupe de bêtas-lecteurs de l’@telier d’écriture « Génésys », fondateurs de l’association Chantiers Imaginaires ; pour leurs dix années de labeur collectif consacré à l’écriture vous livre quelques-unes de leurs meilleures « perles ».

Une « perle » est une nouvelle écrite dans le cadre des activités du collectif et qui, un jour, a séduit soit le jury d’un concours littéraire ou un comité de lecture. Des trophées que ces aventuriers de l’écriture ont collectionnés durant dix ans.

Chacun des dix membres que compte en 2012 ce groupe a contribué à la sélection de ces perles parmi presque une centaine. Pour respecter l’objet de l’association Chantiers Imaginaires vouée à la promotion des arts et des artistes de l’imaginaire, leurs sélections se sont portées vers leurs quatre membres les plus prolifiques dans les genres de la Science Fiction, du fantastique et de la fantasy, plus un petit Polar pour faire bonne mesure.

Chacune de ces quatorze « perles » qu’ils vous proposent dans ce titre ont toutes été couronnées entre 2004 et 2009 de part et d’autre de l’océan atlantique, en Belgique ou encore en Espagne.

Les dix membres de « Génésys » ; vous invitent donc à lire, ou relire, ce collier de perles imaginaires de Sandy A Crow, Albin Lazariani, Sean Clarse et Sébastien Clarac.

 

Au nom du collectif Génésys, je vous souhaite une bonne lecture.

Ivan Loranais]

 

.           Sommaire :

.           La Litanie des martyrs, collectif Génésys, paru dans HS41 galaxie.

.           Misha, Sébastien Clarac, lauréats zirst 2004 ;

.           Le djinn et l’olivier, Sean Clarse, Notes de Merveilles 9 « jardin » 2007.

.           Cauchemar, Sébastien Clarac, Brins d’Éternité n°2, Ca, Espagne dans Sable 6. 2008

.           Déferlante, Collectif Génésys, 2006, ezine Outre Monde « fanfiction ». 2007

.           Ligne de vie, Sébastien Clarac, pandémomium 2 ca. 2004

.           Couleur Vive, Sandy A Crow, Nocturne 6 ca,2006

.           Entre nous, Sébastien Clarac, Nocturne 8, ca. 2006

.           Le rosier de l’aube, Sandy A Crow, Notes de Merveilles 9 « jardin ». 2007

.           Téolt, Sébastien Clarac, Notes de Merveilles « Uchronie ». 2007

.           Scoumoune, Albin Lazariani, Anaké 2. 2008

.           Le vrai pouvoir du dragon, Sébastien Clarac, Ed de l’Antre 6. 2007

 

 

Sébastien Clarac (twitter @SClarac)

 

Les Chantiers imaginaires !

Facebook & twitter (@ChantiersImagin)

http://chantier-imaginaire.over-blog.com/

http://chantierimaginaire.voila.net/

 

 

Par clarac - Publié dans : Publications
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Lundi 5 mars 2012 1 05 /03 /Mars /2012 06:16

 

.      Ne sentez-vous pas ces parfums ? Le printemps arrive-t-il déjà ? Parce que j’ai déjà trouvé le moyen de me faire piquer par une abeille moi…

 

.      Cette semaine la sphère éditoriale à un peu bouffé tout mon temps ; conséquence, je suis à la rue dans le planning… mais je ne me plains pas : annonce le 7 mars de la sortie de… pour suivre, éventuellement les chantiers Imaginaires sur twitter : (@ChantiersImagin)

 

.      Côté nouvelle :

.      Aucun changement ; toujours six textes en lecture et je n’aurais pas d’éventuel retour qu’à la mi-juin. 1203, à la rue complet et deux « grosses  reprises », pour le 15 & le 30, en stand by, pas bon, pas bon du tout…

 

.      Côté roman :

.      Si je suis « out » en nouvelle, dans ce secteur c’est pire…

.      Enfin, La nuit du serpentaire est quand même terminé, second point final avec les arrangements, je laisse reposer le bébé un mois pour une dernière relecture en avril et après ; aléa jacta est…

 

.      En vrac :

.      Vigo ;  épisode n°7 en ligne. Les épisodes 8, 9 en relecture et le n°10 écrit… 220kec (Kilosignes Espaces comprises) ; soit 50 % du bébé, c'est-à-dire que fin avril il sera, si je tiens le planning, achevé et donc il me faut commencer à envisager le second roman par épisode sur le blog qui va lui succéder et penser à un avenir à Vigo ailleurs que sur ce blog.

.      Épisode n°7 : http://clarac.over-blog.com/article-vigo-2011-episode-07-100768552.html

 

.      Envie de tester MY MAJOR COMPAGN BOOK avec Vigo…

 

.      Pour la semaine prochaine ?!

.      Vue les échéances de mes deux grosses « reprises/adaptation » en nouvelle, et que je tiens à tenter le coup, que la Nuit su serpentaire sera au « repos », et que le volet éditorial sera « chaud » (faut l’espérer) avec la sortie ebook de perles génésiaques et la mise en pré vente de la version broché… je ne me consacrerai quant à la rédaction que sur ces deux reprises… je ne sais même pas si j’aurais du temps pour la « lecture de la semaine 10 » !

 

 

 

Sébastien Clarac (twitter SClarac)

Par clarac - Publié dans : errances...
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